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RX 7900 GRE en minage : hashrate relevé et seuil de rentabilité en France

Cartes graphiques

RX 7900 GRE en minage : hashrate relevé et seuil de rentabilité en France

Une Radeon RX 7900 GRE branchée sur une prise française perd de l’argent sur chaque algorithme qu’elle sait encore miner. La saignée va de 78 à 228 euros par an selon la monnaie visée, et aucun réglage ne la ramène au-dessus de zéro. Son meilleur point de fonctionnement, sur Qubitcoin, lui demande 120 watts et lui rapporte 36 centimes par jour, quand ces 120 watts lui coûtent 58 centimes de courant. Le seuil de la carte tombe à 12,6 centimes le kilowattheure. Le tarif bleu résidentiel est à 20,01 centimes depuis le 1ᵉʳ août 2026. Tout l’écart est là, et il suffit à retourner un verdict que six calculateurs affichent en vert.

La seule ligne de la fiche technique qui décide en minage

La 7900 GRE embarque 16 Go de GDDR6 cadencés à 18 Gbit/s sur un bus de 256 bits. Cela donne 576 Go/s de bande passante mémoire brute, complétés par 64 Mo de cache Infinity. Le reste de la fiche : puce Navi 31 en architecture RDNA 3, 80 unités de calcul, 5 120 processeurs de flux, 1 270 MHz de fréquence de base, 1 880 MHz en jeu, 2 245 MHz au boost, une enveloppe thermique de 260 W et deux connecteurs PCIe 8 broches. Sortie mondiale le 27 février 2024, à 549 dollars.

De cette liste, un mineur ne retient qu’un chiffre : les 576 Go/s. Les algorithmes qui résistent encore aux machines dédiées travaillent sur un jeu de données que la carte relit à chaque hachage. Le processeur graphique passe son temps à attendre la mémoire, pas à calculer. Les 46 TFLOPS que la carte affiche en simple précision ne servent à rien ici, et les accélérateurs d’intelligence artificielle encore moins.

Carte graphique Radeon RX 7900 GRE vue de trois quarts, ventilateurs et connecteurs d’alimentation 8 broches visibles

Cette règle se vérifie chiffre en main. La RX 7800 XT, moins chère et moins bien dotée en unités de calcul, embarque de la GDDR6 à 19,5 Gbit/s sur le même bus de 256 bits : 624 Go/s, soit 8,3 % de plus que la GRE. Sur les deux algorithmes à jeu de données les plus dépendants de la mémoire, l’écart de hashrate tombe sur l’écart de bande passante. En FishHash, 44 MH/s contre 40,86, soit 7,7 % d’avance. En Ethash, 66,17 MH/s contre 60,46, soit 9,4 %. Les 8,3 % prédits sont encadrés par les deux mesures. Autolykos2 obéit moins bien, avec 129,2 MH/s contre 124,8, soit 3,5 % seulement : cet algorithme lit un jeu de données plus petit et sollicite davantage le cœur, si bien que la mémoire cesse d’être le seul goulot.

Autrement dit, la petite carte bat la grande sur ce terrain, et pour une raison que la fiche technique annonçait. AMD a bridé la mémoire de la GRE à 18 Gbit/s alors que sa cadette tourne à 19,5. C’est le seul poste où la GRE recule face à une carte censée être en dessous d’elle, et c’est celui qui compte. Le raisonnement vaut pour toute la gamme : le hashrate d’une carte se déduit de sa mémoire et de la taille du DAG.

Une exception, tout de suite, parce qu’elle revient plus loin. Tous les algorithmes ne sont pas limités par la mémoire. Sur Qhash, la monnaie Qubitcoin, la GRE atteint 2,02 GH/s quand la 7800 XT plafonne à 1,48, soit 36 % d’avance dans l’autre sens. Cet algorithme-là sollicite les unités de calcul, et la hiérarchie des cartes s’inverse. C’est aussi le seul point de fonctionnement où la GRE s’approche de la rentabilité, ce qui n’est pas un hasard.

Ce que la carte produit vraiment : quatre points de fonctionnement datés

Un chiffre de hashrate sans date ne vaut rien. La difficulté d’un réseau bouge chaque jour, le cours de la monnaie aussi, et le logiciel de minage change de version toutes les deux semaines. Chaque ligne ci-dessous tient donc ensemble : un banc, un réglage, un logiciel, la consommation mesurée au même moment, le rendement quotidien en monnaie native. Les revenus en dollars sont ceux du 13 août 2026.

Algorithme (monnaie)

Date du banc

Logiciel

Réglage

Hashrate

Consommation

Rendement / jour

Revenu / jour

Qhash (Qubitcoin)

17/11/2025

WildRig Multi

cœur 1 800 MHz, mémoire 1 150 MHz, tension −350

2,02 GH/s

120 W

0,814 QTC

0,42 $

MeowPoW (Meowcoin)

07/01/2025

WildRig Multi

cœur 1 800 MHz, mémoire 1 125 MHz, tension −250

34,49 MH/s

170 W

33 920 MEWC

0,47 $

FishHash (Iron Fish)

01/04/2024

lolMiner

cœur 1 000 MHz, mémoire 1 125 MHz, tension −350

40,86 MH/s

133 W

3,02 IRON

0,25 $

Autolykos2 (Ergo)

29/02/2024

TeamRedMiner

cœur 2 020 MHz, mémoire 1 125 MHz, tension −350

124,8 MH/s

150 W

0,521 ERG

0,11 $

La carte ne consomme jamais ses 260 W annoncés. Elle tourne entre 120 et 170 W selon l’algorithme, parce que tous ces bancs sont sous-voltés et que le cœur est descendu très bas. Le banc Iron Fish plante la fréquence à 1 000 MHz, soit moins de la moitié du boost constructeur, et la carte y consomme 133 W. Personne ne fait tourner une GRE aux réglages d’usine. Un calculateur qui applique 260 W à tous les algorithmes gonfle donc la facture d’électricité de moitié au moins.

KawPow mérite une mention à part, parce qu’il fait partie des rares algorithmes que les machines dédiées n’ont pas pris. La GRE y tourne autour de 37 MH/s, et Ravencoin reste la monnaie que la plupart des mineurs de cartes AMD visent par habitude. Le rendement y a été divisé par deux le 15 janvier 2026, au bloc 4 200 000 : la récompense est passée de 2 500 à 1 250 RVN, et l’émission quotidienne du réseau de 3,6 à 1,8 million de pièces.

Ce halving dit d’ailleurs quelque chose sur la façon de lire les trois dernières colonnes du tableau. Le hashrate et la consommation d’un algorithme ne bougent quasiment pas sur une carte donnée, tant que le logiciel ne change pas de version : un banc de 2024 reste utilisable en 2026. Le rendement en pièces tient un cran moins bien, puisqu’il suit la difficulté du réseau et se coupe en deux à chaque halving. Le revenu en euros est le plus fragile des trois, parce qu’il encaisse tout cela plus le cours. Entre deux halvings et à difficulté stable, 0,814 QTC par jour reste vrai la semaine prochaine ; les 42 cents que cela vaut aujourd’hui, non.

Le même calcul, refait au tarif de l’électricité française

Les calculateurs appliquent tous un coût de 0,10 dollar le kilowattheure, sans jamais le discuter. Le tarif réglementé de vente en France, option base, s’établit au 1ᵉʳ août 2026 à 0,2001 €/kWh toutes taxes comprises pour un compteur de 3 ou 6 kVA, et à 0,1985 € de 9 à 36 kVA. Un abonné en heures pleines et heures creuses paie 0,2142 € le jour et 0,1589 € la nuit. Quant au tarif bleu professionnel, réservé aux structures de moins de dix salariés et de moins de deux millions d’euros de chiffre d’affaires, il revient à 0,1949 € TTC.

Au taux de change du 13 août 2026, un euro pour 1,1543 dollar, les 0,10 dollar des calculateurs valent 8,66 centimes d’euro. Le moins cher des cinq tarifs français coûte donc 83 % de plus, et le tarif base 131 % de plus. Les quatre points de fonctionnement du tableau précédent deviennent ceci.

Algorithme

Énergie / jour

Coût à 0,2001 €/kWh

Revenu / jour

Marge / jour

Marge / an

Qhash (Qubitcoin)

2,88 kWh

0,58 €

0,36 €

−0,21 €

−78 €

MeowPoW (Meowcoin)

4,08 kWh

0,82 €

0,41 €

−0,41 €

−149 €

FishHash (Iron Fish)

3,19 kWh

0,64 €

0,22 €

−0,42 €

−154 €

Autolykos2 (Ergo)

3,60 kWh

0,72 €

0,10 €

−0,63 €

−228 €

Une ligne détaillée, pour refaire les autres. La carte tire 120 W sur Qhash. Vingt-quatre heures à ce régime font 2,88 kWh. Multipliés par 0,2001 €, cela donne 57,6 centimes d’électricité. En face, 0,42 dollar de revenu, soit 36,4 centimes d’euro. La journée se solde par 21,2 centimes de perte. L’année, par 77,6 euros.

Rig de minage ouvert avec plusieurs cartes graphiques alignées sur un châssis et câbles d’alimentation apparents

La hiérarchie s’inverse au passage. Sur l’hypothèse à 0,10 dollar, Meowcoin arrive devant Qubitcoin, parce que son revenu brut est plus élevé. Au tarif français, il passe derrière : il consomme 170 W contre 120, et l’électricité pèse deux fois plus lourd dans l’équation. Doubler le prix du kilowattheure ne fait pas que réduire les marges, cela change le classement des monnaies. Un mineur français qui suit le palmarès d’un calculateur américain choisit la mauvaise.

Le seuil : 12,6 centimes le kilowattheure

Savoir combien la carte perd sert moins que savoir à partir de quel prix du courant elle arrête de perdre. Ce seuil se calcule sans mystère : on divise le revenu quotidien en euros par l’énergie quotidienne en kilowattheures, du même point de fonctionnement. Reprenons Qhash : 36,4 centimes de revenu divisés par 2,88 kWh donnent 0,126 €/kWh. Douze centimes six.

Algorithme

Seuil (€/kWh)

Écart avec le tarif base à 0,2001 €

Qhash (Qubitcoin)

0,126

tarif supérieur de 59 %

MeowPoW (Meowcoin)

0,100

tarif supérieur de 100 %

FishHash (Iron Fish)

0,068

tarif supérieur de 195 %

Autolykos2 (Ergo)

0,026

tarif supérieur de 655 %

Le meilleur seuil de la carte, 12,6 centimes, se compare aux 15,89 centimes des heures creuses, le kilowattheure le moins cher qu’un particulier puisse acheter en France. Il manque encore trois centimes. Miner uniquement la nuit ne sauve donc rien : sur les huit heures creuses d’une journée type, la carte avale 0,96 kWh, soit 15,3 centimes de courant, et rend 12,1 centimes de revenu. Trois centimes de perte par nuit, onze euros dans l’année, et 350 kWh partis en chaleur.

Ce seuil de 12,6 centimes est une borne, pas une promesse. Il suppose que le cours de Qubitcoin et la difficulté du réseau restent ceux du 13 août 2026. Les deux bougent, et pas toujours dans le même sens. Il suppose aussi que l’on ignore l’abonnement, 190,32 euros par an pour un compteur 6 kVA en base, dont une part revient de droit au rig s’il fait grimper la puissance souscrite. Une carte seule ne change rien à l’abonnement. Six cartes, si.

La même division, sur une autre référence, donne le calcul complet de rentabilité d’une RTX 5070 Ti.

Pourquoi les calculateurs affichent tous autre chose

Quiconque tape le nom de cette carte dans un moteur tombe sur une demi-douzaine de calculateurs qui annoncent des chiffres positifs. Ils répondent honnêtement à une question, mais ce n’est pas celle du lecteur français, et trois écarts les séparent de la réalité d’une prise à Lyon ou à Rennes.

Le prix du courant, déjà traité, en est le plus gros. Vient ensuite la consommation retenue. Certaines fiches appliquent l’enveloppe thermique constructeur de 260 W à tous les algorithmes, d’autres 220 W, d’autres encore les 105 à 204 W réellement mesurés selon le réglage. Entre 260 et 120 W, la facture d’électricité varie du simple au double. Reste l’âge des relevés de hashrate, qu’aucune de ces pages n’affiche.

Le résultat de ces trois écarts se mesure sur les pages elles-mêmes. Deux propriétés du même éditeur, Kryptex, publiaient les 12 et 13 août 2026 le profit annuel de cette carte : 101 dollars sur l’une, 38,91 dollars sur l’autre. Un facteur 2,6 pour le même matériel, chez le même auteur, à un jour d’intervalle. D’un calculateur à l’autre, le revenu quotidien annoncé pour cette carte va de 0,10 à 0,42 dollar. Facteur quatre.

Ce que coûte l’absence de date se voit bien sur pearl-pow, le plus jeune des algorithmes que ces cartes savent traiter. Le mineur WildRig Multi a publié le 5 août 2026 une version prévenant d’un changement de règles du protocole après le bloc 96251, avec 5 % de hashrate en moins pour tout le monde. Le 7 août, la 0.49.9 ajustait le support AMD à la baisse. Le 10, la 0.50.0 améliorait le même algorithme pour les GeForce RTX 3000, 4000 et 5000. Le 11, une nouvelle retouche du noyau. Quatre changements en une semaine, tous capables de déplacer un hashrate de plusieurs pour cent, et dans les deux sens selon la marque de la carte. Les 37 MH/s que la GRE affichait en KawPow il y a deux ans n’ont, eux, pas bougé d’un pouce. Un algorithme jeune se déplace sous les pieds du mineur. Un algorithme installé, non.

Dernier point, celui qu’aucune fiche ne dit : plusieurs monnaies que ces comparatifs rangent encore du côté des cartes graphiques n’y sont plus. Kaspa est tenu par les machines dédiées depuis avril 2023, quand IceRiver a sorti le premier appareil kHeavyHash, et l’écart d’efficacité avec une carte dépasse le facteur cent. Etchash, l’algorithme d’Ethereum Classic, a suivi le même chemin, et Alephium aussi, sur Blake3. Quant à Ethereum, il a quitté la preuve de travail le 15 septembre 2022 et ne se mine plus du tout.

Sous-tension et fréquence mémoire : ce que le réglage rapporte

Les quatre bancs du tableau ont un point commun frappant : tous sont sous-voltés, de 250 à 350 millivolts sous la tension d’usine, et tous descendent le cœur bien en dessous du boost constructeur. Le banc Iron Fish le pousse à l’extrême, 1 000 MHz au lieu de 2 245, et la carte y tient 40,86 MH/s pour 133 W. Ce réglage est ce qui rend la carte utilisable, pas une infirmité qu’elle subirait : l’algorithme attend la mémoire, le cœur n’a aucune raison de tourner vite, et chaque mégahertz épargné se retrouve en watts.

Le rendement de l’opération se lit dans les seuils. À 260 W, le point Qhash coûterait 1,25 euro d’électricité par jour au tarif base, contre 58 centimes à 120 W. Le seuil passerait de 12,6 à 5,8 centimes le kilowattheure. La sous-tension divise donc par plus de deux la distance qui sépare cette carte de la rentabilité. Elle ne la franchit pas, mais elle est la différence entre une perte de 78 euros par an et une perte de 320.

Côté mémoire, la 7900 GRE a une histoire particulière. À sa sortie, son BIOS plafonnait la fréquence mémoire à 2 316 MHz, ce qui verrouillait les 18 Gbit/s et les 576 Go/s. En mars 2024, le pilote Adrenalin 24.3.1 a réécrit cette limite et l’a portée à 3 000 MHz. Or beaucoup d’exemplaires embarquent des puces GDDR6 certifiées pour 20 Gbit/s. Les atteindre demande 2 500 MHz, une fréquence que le plafond d’origine interdisait, et la bande passante passe alors à 640 Go/s, soit 11 % de plus que la valeur d’usine. Les exemplaires qui montent plus haut vont au-delà : à 2 604 MHz, la mémoire tourne à 20,8 Gbit/s et rend 667 Go/s, 16 % au-dessus de l’usine.

Onze pour cent de bande passante, sur les algorithmes limités par la mémoire, se traduisent par un gain de hashrate du même ordre. La 7800 XT battait la GRE de 8 % en FishHash parce qu’elle avait 8 % de bande passante en plus ; une GRE à mémoire déverrouillée reprend cet écart et un peu davantage. Le sujet a été abondamment discuté côté jeu, où le déverrouillage vaut jusqu’à 15 % d’images par seconde. Il vaut au moins autant en minage, pour la même raison physique.

Côté KawPow, la marge restante se chiffre elle aussi : une Sapphire NITRO+ passe de 34,4 à 37,0 MH/s en montant la mémoire à 2 500 MHz et en abaissant le cœur à 2 000, sous MSI Afterburner. Soit 7,6 % gagnés sur un seul réglage. Ces manipulations et leurs limites sont reprises dans la page consacrée à ce qu’on peut tirer d’un rig une fois bridé, loué ou revendu.

Quelle alimentation pour une RX 7900 GRE

AMD recommande une alimentation de 700 W pour un système équipé d’une 7900 GRE, et la carte réclame deux connecteurs PCIe 8 broches. Cette recommandation vise une machine de jeu complète, processeur compris, avec la carte à pleine charge dans un pic de rendu. Elle est prudente et il n’y a aucune raison de descendre en dessous pour une machine unique.

Le calcul se pose différemment dans un rig. Chaque connecteur 8 broches transporte 150 W, et le connecteur PCIe de la carte mère en fournit 75 : la GRE dispose donc de 375 W de réserve pour une enveloppe de 260 W, ce qui laisse de la marge même en surcadençant. Mais en minage sous-volté, elle ne tire que 120 à 170 W selon l’algorithme. Une alimentation dimensionnée sur les 260 W constructeur travaille alors très loin de son point de rendement.

La règle de dimensionnement d’un rig tient en une ligne : additionner la consommation réelle mesurée de chaque carte à son réglage de production, ajouter 80 à 100 W pour la carte mère, le processeur et le stockage, puis diviser par 0,8. Une alimentation qui tourne en permanence au-delà de 80 % de sa puissance nominale chauffe, perd en rendement et vieillit vite. Cinq GRE réglées à 150 W donnent 750 W de cartes plus 100 W de plateforme, soit 850 W à charger, et donc une alimentation de 1 100 W au minimum.

Deux erreurs se paient cher à ce stade, et toutes deux finissent par un câble noirci. Alimenter un riser par un connecteur SATA, d’abord : celui-ci n’autorise que 54 W quand le slot PCIe qu’il remplace en délivre 75. Un riser s’alimente en PCIe, toujours. Brancher les deux connecteurs 8 broches de la carte sur un même câble en guirlande, ensuite : chaque connecteur veut son propre départ depuis l’alimentation. Le détail des câbles et de ce qu’ils transportent réellement est traité dans la page sur les risers et la puissance qui passe par un slot PCIe, et le choix de l’alimentation elle-même dans le comparatif des blocs d’alimentation destinés aux rigs.

Un dernier point, souvent oublié quand le rig grossit : un circuit domestique de 16 ampères sous 230 volts tient 3 680 W en pointe, et moins en continu. Un branchement de particulier dépasse rarement 12 kVA. Au-delà, il faut un raccordement dédié, et l’option base n’est de toute façon plus souscriptible au-dessus de 6 kVA depuis le 1ᵉʳ août 2026.

GRE, 7800 XT, 7900 XT et RTX 4070 Super : quatre cartes sur le même banc

Quatre cartes, un seul algorithme, un seul jour de banc : Qhash sous WildRig Multi, le 17 novembre 2025, avec les revenus du 13 août 2026 et l’électricité au tarif base français.

Carte

Réglage

Hashrate

Consommation

Revenu / jour

Coût élec. / jour

Marge / jour

Seuil

RX 7900 XT

1 800 / 1 300 MHz, tension −200

2,07 GH/s

109 W

0,43 $

0,52 €

−0,15 €

0,142 €/kWh

RX 7900 GRE

1 800 / 1 150 MHz, tension −350

2,02 GH/s

120 W

0,42 $

0,58 €

−0,21 €

0,126 €/kWh

RX 7800 XT

1 800 / 1 250 MHz, tension −350

1,48 GH/s

87 W

0,30 $

0,42 €

−0,16 €

0,124 €/kWh

RTX 4070 Super

2 190 / 810 MHz, plafond 240 W

2,08 GH/s

129 W

0,43 $

0,62 €

−0,25 €

0,120 €/kWh

Aucune des quatre n’atteint les 20,01 centimes du tarif réglementé, et le classement réserve une surprise. La 7900 XT est strictement meilleure que la GRE sur ce point de fonctionnement : elle produit 2,5 % de hashrate en plus pour 11 W en moins. Son seuil est supérieur de 1,6 centime, soit 22 euros de perte annuelle en moins. Face à la 7800 XT, la GRE ne gagne que deux dixièmes de centime, alors qu’elle coûte sensiblement plus cher. Et la RTX 4070 Super ferme la marche : même hashrate que la 7900 XT, mais 20 W de plus, donc le pire seuil des quatre.

Un autre algorithme fait s’effondrer cette hiérarchie, et c’est le seul endroit où une de ces quatre cartes s’approche de la rentabilité française. Sur pearl-pow, la RTX 4070 Super écrase tout : 114,07 TH/s pour 192 W au banc du 28 mai 2026 sous AlphaMiner, 108 TH/s pour 162 W à celui du 12 juillet sous WildRig Multi. La GRE tourne autour de 36 TH/s sur le même algorithme. Un rapport de trois sur le hashrate, avec moins de watts.

Au tarif français, le point du 12 juillet donne 3,89 kWh par jour, soit 77,8 centimes d’électricité, contre 1,03 dollar de revenu, soit 89,2 centimes. Onze centimes de marge par jour, 42 euros par an, et un seuil à 0,230 €/kWh, au-dessus du tarif réglementé. C’est le seul point de toute cette série de cartes et d’algorithmes qui passe au-dessus de la ligne, et il y passe de peu. Deux réserves l’accompagnent. Pour un hashrate presque identique, cette monnaie se voit créditer de 0,85 à 1,18 dollar par jour, soit 39 % d’écart, et dans le bas de la fourchette la carte repasse dans le rouge. Le noyau de calcul, surtout, a été retouché le 11 août et le protocole a changé de règles au bloc 96251, avec 5 % de hashrate en moins annoncés : le banc du 12 juillet décrit donc une carte d’avant ces deux modifications.

La cause de l’écart entre les deux marques est documentée, et elle n’a rien à voir avec le silicium. Les notes de version de WildRig Multi montrent l’algorithme pearl-pow réglé pour les GeForce des séries 3000, 4000 et 5000 en août 2026, et le support AMD ajusté à la baisse trois jours plus tôt. Le logiciel a choisi son camp. Sur un algorithme jeune, la qualité du noyau de calcul pèse plus lourd que la bande passante mémoire, et elle change à chaque mise à jour. Les mêmes comparaisons, menées sur les générations suivantes, figurent dans les pages consacrées à la RX 7900 XT et ses points de fonctionnement, à la RX 7900 XTX et à la RX 9070 XT en Autolykos2.

À quel prix d’achat la carte se défend

Question posée souvent, et à laquelle la réponse arithmétique est brutale : aucun. Tant que la marge quotidienne est négative, le prix d’achat n’intervient pas dans le calcul. Une carte payée 500 euros perd 78 euros par an. Une carte payée zéro euro perd exactement les mêmes 78 euros, parce que la perte vient du courant, pas du capital. Le délai d’amortissement d’une machine qui perd de l’argent chaque jour n’est pas long, il n’existe pas.

Compteur électrique et prise murale, illustrant le coût du kilowattheure dans le calcul de rentabilité d’un minage

Le prix d’achat redevient une variable dès qu’on change le prix du courant. Un mineur qui autoconsomme sa production photovoltaïque compte son kilowattheure autour de 10 centimes une fois l’installation amortie. À ce tarif, le point Qhash rend 36,4 centimes contre 28,8 de courant : 7,6 centimes de marge par jour, 27,70 euros par an. Une Sapphire Pulse RX 7900 GRE d’occasion s’affichait à 500 euros en août 2026 dans les comparateurs de prix. Le rapport donne dix-huit ans d’amortissement. Aucune carte graphique ne vit aussi longtemps, et aucune monnaie ne garde son cours aussi longtemps.

Avec un courant strictement gratuit, cas d’école qui n’existe nulle part, la carte rend 36,4 centimes par jour, soit 133 euros par an, et rembourse ces 500 euros en trois ans et neuf mois. Presque quatre ans de fonctionnement continu, sans panne, sans changement d’algorithme, sans arrivée de machines dédiées sur la monnaie choisie. Le pari est mauvais : la carte vaut 500 euros aujourd’hui et en vaudra bien moins dans quatre ans.

Il existe un cas où le raisonnement s’inverse, et il ne concerne pas l’achat. Une GRE déjà possédée, qui sert à jouer et reste éteinte quinze heures par jour, ne coûte rien de plus à installer. Le mineur ne compare alors pas 500 euros à un revenu, mais zéro à une marge quotidienne. Comme cette marge est négative au tarif réglementé, la conclusion tient toujours, mais elle devient une question de trésorerie plutôt que d’investissement : sur les quinze heures où la machine ne sert à rien d’autre, chaque nuit de minage coûte treize centimes.

Un dernier repère, valable bien au-delà de cette carte. Une instance de calcul graphique louée chez un hébergeur revient à 24,14 dollars par jour et produit environ 1 dollar en minage. Celui qui loue la carte pourrait miner dessus. S’il la loue, c’est que la location paie mieux, dans un rapport de vingt-quatre à un. La même logique s’applique à une GRE dormante : elle vaut davantage revendue ou louée à un calcul graphique qu’allumée sur un algorithme de preuve de travail.

Faire tourner la carte jour et nuit

Une charge de minage n’a ni pic ni creux : elle maintient la carte au même point pendant des mois, ce qui change trois choses que les fiches de calculateurs passent sous silence.

Le réglage de production n’a rien à voir avec le réglage de démonstration. Les bancs les plus efficaces du tableau descendent la tension de 350 millivolts et le cœur de plus de mille mégahertz. Une carte qui plante au bout de six heures dans cet état ne rapporte rien : la validation se fait sur quarante-huit heures de fonctionnement continu, pas sur dix minutes. Mieux vaut remonter de vingt-cinq millivolts et dormir tranquille que gratter trois watts.

Vient ensuite la mécanique. En minage, la carte dissipe 120 à 170 W en permanence, ce qui reste modeste face aux 260 W d’enveloppe, mais les ventilateurs tournent sans arrêt. Ce sont eux qui lâchent en premier. Avant la puce, avant la mémoire. Une courbe de ventilation qui privilégie un régime constant et modéré plutôt que des à-coups prolonge la mécanique, et une carte à trois ventilateurs répartit mieux l’usure qu’une carte à deux.

Le reste de la machine, enfin, coûte peu. Une carte mère de minage, un processeur d’entrée de gamme et un stockage minimal suffisent, puisque le mineur envoie à la carte un cache de 16 mégaoctets et laisse le processeur graphique construire le jeu de données dans sa propre mémoire. Le jeu de données ne traverse jamais le lien PCIe, ce qui explique qu’une voie unique plafonnée à 985 Mo/s suffise à alimenter une carte. Le détail du montage est traité dans la page sur le choix des composants d’un rig et la place réelle du DAG.

Reste la question fiscale, qui se pose dès que la carte produit quelque chose. En France, le minage relève des bénéfices non commerciaux au titre de l’article 92 du code général des impôts, avec imposition à la réception des jetons, à leur valeur du jour. Le régime micro-BNC s’applique jusqu’à 83 600 euros de recettes pour les revenus de 2026 à 2028, avec un abattement de 34 %. La TVA est hors champ, ce qui ferme le droit à déduction sur l’achat du matériel.

Combien de temps la carte reste dans la course

Ce qui met une carte graphique hors jeu n’est presque jamais sa mémoire. Seize gigaoctets tiennent tous les jeux de données actuels avec une marge confortable, et sur ce plan la GRE est mieux lotie qu’une RTX 4070 Super et ses douze. Deux autres mécanismes la sortent du circuit, tous deux observables à l’avance.

L’arrivée des machines dédiées sur l’algorithme vient en premier. Le scénario se répète à l’identique depuis dix ans : une monnaie se mine confortablement au GPU, un fabricant sort un appareil spécialisé, le hashrate du réseau est multiplié par dix ou par cent en quelques mois, la difficulté suit, et le rendement par carte s’effondre. Kaspa en avril 2023, Etchash, Alephium : même histoire à chaque fois. Le signal est simple à lire et gratuit à surveiller. Quand le hashrate d’un réseau bondit d’un facteur dix sans que le cours ait bougé, ce ne sont pas des cartes graphiques qui sont arrivées.

Le second mécanisme est logiciel, et il est plus rapide. Le cas pearl-pow décrit plus haut montre une carte perdre son avantage en une semaine, non parce que le silicium a vieilli, mais parce que le développeur du mineur a réglé son noyau pour l’autre marque. Aucune fiche technique ne prévoit cela. La parade consiste à ne jamais s’enfermer sur un seul algorithme et à relire les notes de version du logiciel utilisé, qui annoncent les gains et les pertes carte par carte.

Pour dater soi-même la sortie de piste d’une GRE, la méthode se réduit à une division mensuelle. Relever le revenu quotidien de la carte sur son algorithme de production, le convertir en euros, le diviser par l’énergie quotidienne, comparer le seuil obtenu au tarif payé. Le jour où le seuil passe durablement sous la moitié du tarif, la marge ne reviendra pas : entre l’arrivée des machines dédiées et la croissance de la difficulté, aucun mouvement de cours plausible ne comble un tel écart. La carte se revend alors, tant qu’elle vaut encore quelque chose sur le marché du jeu.

Reste à trancher, et le verdict se dédouble. Pour acheter une carte destinée à miner en France en 2026, la GRE n’est pas un choix : elle perd entre 78 et 228 euros par an selon l’algorithme, et son meilleur seuil reste 21 % sous le kilowattheure le moins cher du pays. Pour un possesseur qui l’a déjà et paie son courant très bas, un point unique tient debout, Qhash à 120 watts, à condition de rester sous 12,6 centimes le kilowattheure et de surveiller le hashrate du réseau chaque mois. Une page qui annonce autre chose compte le kilowattheure à dix cents, et donne un hashrate sans dire de quand il date. Le même calcul refait sur les générations récentes figure dans la page consacrée au hashrate par algorithme d’une RTX 5080, et il donne des seuils du même ordre.