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Composants rig mining : choisir chaque pièce par sa contrainte

Divers

Un rig n’est pas un PC auquel on ajoute des cartes. C’est une machine qui tient huit cartes graphiques à charge pleine, jour et nuit, sur un châssis ouvert, avec un processeur qui ne calcule rien du tout. Les pièces qui conviennent à une tour de jeu conviennent mal ici, et plusieurs pièces qui n’ont aucun sens ailleurs deviennent obligatoires.

Les composants rig mining se choisissent donc un par un, chacun sur la contrainte qui le décide. Pour la carte mère, c’est le nombre de lignes PCIe que son chipset sait distribuer. Pour la carte graphique, la bande passante mémoire, jamais la puissance de calcul. L’alimentation, elle, se dimensionne sur la charge continue et sur le rendement. Reste la durée de vie de l’ensemble, qui tient à une donnée que presque personne ne regarde avant d’acheter : la taille du DAG de l’algorithme miné, qui gagne huit mégaoctets tous les quelques jours et finit par déborder de la mémoire vidéo.

Deux pièces méritent qu’on s’y arrête longuement. Le reste se règle en quelques lignes chacun.

  • La carte mère : combien de slots, comment ils sont alimentés, et le réglage de BIOS sans lequel rien ne démarre

  • Le DAG : la date à laquelle votre carte cesse de miner, calculable à l’avance

  • La carte graphique : bande passante, type de mémoire, et pourquoi une carte de 2019 tient tête à une carte de 2025

  • Processeur, mémoire vive, stockage : le minimum qui suffit, et l’exception Windows

  • L’alimentation : dimensionnement, rendement, et le montage à deux blocs

  • Risers, châssis, ventilation : ce que 1 500 W dissipés font à une pièce fermée

La carte mère de minage, la seule pièce sans équivalent grand public

Sur une carte mère de bureau, le processeur sort seize lignes PCIe et les envoie toutes au grand slot graphique ; le chipset en fournit une douzaine de plus, pour le stockage NVMe, le réseau et l’audio. Une carte mère de minage fait l’inverse. Elle prend les lignes du chipset et les découpe en tranches d’une ligne par slot. Chaque carte graphique reçoit une seule ligne, ce qui paraît absurde et ne l’est pas : le DAG ne traverse jamais le bus. La carte le reconstruit elle-même, dans sa propre mémoire, à partir d’un cache de quelques dizaines de mégaoctets, et elle recommence à chaque changement d’époque, tous les cinq jours sur Ravencoin, tous les neuf sur Ethereum Classic. Sur le bus ne circulent que des entêtes de bloc et des résultats, quelques kilooctets par seconde. Un slot x1 ne sature jamais.

Les trois choses qu’une carte de minage a en plus

Le nombre de slots, d’abord. Six sur une Gigabyte GA-H110-D3A, douze sur une Biostar TB250-BTC PRO, treize sur une ASRock H110 Pro BTC+, dix-neuf sur l’ASUS B250 Mining Expert. Sur toutes ces cartes, un seul slot est câblé en x16 et les autres en x1, y compris quand le connecteur a la longueur d’un x16 : l’ASRock H510 Pro BTC+ aligne six connecteurs pleine longueur dont un seul fonctionne réellement en x16.

L’alimentation de ces slots, ensuite. Un slot PCIe délivre jusqu’à 75 W. Treize slots réclament donc près d’un kilowatt qui ne passe pas par les câbles des cartes mais par le circuit imprimé. Un connecteur ATX 24 broches n’y suffit plus : l’ASUS B250 Mining Expert en porte trois, un par groupe de slots, et l’ASRock H510 Pro BTC+ également. Le format, lui, ne suit pas toujours : l’ASUS B250 Mining Expert loge ses dix-neuf slots dans un ATX ordinaire, 30,5 cm sur 23,1, et entre dans n’importe quel boîtier. L’ASRock H510 Pro BTC+ mesure au contraire 50,1 cm sur 22,4 et n’entre nulle part. Sur un châssis ouvert la question ne se pose pas ; elle se pose le jour où l’on veut refermer.

Le BIOS, enfin, et c’est le point qu’on découvre trop tard. Un BIOS de bureau teste les périphériques un par un au démarrage ; avec douze cartes, ce test devient interminable et échoue souvent. Les BIOS de minage forcent le lien PCIe en 1.0, coupent le module de compatibilité hérité et acceptent d’énumérer une douzaine de contrôleurs graphiques sans se plaindre. ASUS appelle ça le Mining Mode et l’active d’usine.

Les modèles, et lesquels se trouvent encore

Modèle

Slots PCIe

Socket et chipset

Ce qui le caractérise

ASUS B250 Mining Expert

19 : 1 en x16, 18 en x1

LGA 1151, B250

Trois connecteurs 24 broches, un par zone de slots. Annoncée en 2017

ASRock H110 Pro BTC+

13 : 1 en PCIe 3.0 x16, 12 en PCIe 2.0 x1

LGA 1151, H110

ASRock annonce treize cartes AMD et NVIDIA mélangées sous Windows 10, et recommande au moins 2 400 W

Biostar TB250-BTC PRO

12 : 1 en x16, 11 en x1

LGA 1151, B250

Les onze slots x1 tirent sur les douze lignes natives du chipset, sans multiplexeur ; le x16 vient du processeur

Biostar TB360-BTC PRO 2.0

12 : 1 en x16, 11 en x1

LGA 1151, B360

Douze slots comme le TB250, mais en PCIe 3.0 et sur les processeurs Intel de 8ᵉ et 9ᵉ génération

Biostar TB360-BTC D+

8

LGA 1151, B360

Connecteurs pleine longueur, pensés pour recevoir les cartes sans riser

Gigabyte GA-H110-D3A

6 : 1 en x16, 5 en x1

LGA 1151, H110

Le format d’entrée, au gabarit ATX ordinaire

ASRock H510 Pro BTC+

6 connecteurs x16, un seul câblé en x16

LGA 1200, H510

Sortie en juillet 2021 à 279,99 $, avec un port USB de minage en supplément

Le plus récent de ces modèles date de juillet 2021, et tous vivent sur des sockets Intel abandonnés depuis, LGA 1151 et LGA 1200. Ça pèse plus lourd que le nombre de slots. Acheter une de ces cartes revient à acheter en même temps le processeur et la mémoire qui vont avec, sur le marché de l’occasion, sans mise à niveau possible ensuite. Aucun n’est plus fabriqué. L’approvisionnement se fait d’occasion, et le prix y suit la mode du moment plus que la valeur de la carte. Le détail des cartes mères à six emplacements couvre le format qui convient à la grande majorité des rigs.

Above 4G Decoding, le réglage qui bloque tout le monde

Chaque carte graphique réclame au BIOS une fenêtre d’adresses mémoire, sa BAR, pour que le processeur puisse lui parler. Historiquement, ces fenêtres se placent sous la barre des quatre gigaoctets d’espace d’adressage, une zone que se partagent aussi le stockage, le réseau et le reste. Trois cartes tiennent. À la quatrième, la place manque.

Ce qui arrive alors n’a pas l’allure d’un problème d’adressage. La machine démarre avec quatre cartes et refuse la cinquième. Ou bien le BIOS affiche les huit cartes et le système d’exploitation n’en voit que trois. Ou bien l’écran reste noir et le rig ne POSTe pas. Beaucoup de gens renvoient la cinquième carte au vendeur en la croyant morte.

Above 4G Decoding, que certains fabricants appellent 64-bit MMIO, autorise le BIOS à placer ces fenêtres au-dessus de la barre des quatre gigaoctets, où l’espace ne manque plus. Le réglage vit dans le menu PCI ou Advanced. Sur les cartes de minage il est actif par défaut ; sur une carte de bureau qu’on recycle en rig, il ne l’est presque jamais. C’est la première case à cocher, avant même de brancher la deuxième carte.

Combien de cartes tiennent réellement

Les seuls chiffres qui engagent quelqu’un sont ceux des fabricants. ASRock annonce treize cartes sous Windows 10 sur la H110 Pro BTC+, avec au moins 2 400 W d’alimentation. Biostar annonce douze cartes sur le TB360-BTC PRO. Ce qui plafonne avant tout le reste n’est pourtant ni le système ni le nombre de connecteurs : c’est l’espace d’adressage que le BIOS accorde aux cartes, et le réglage de la section suivante le débloque. Les fermes, elles, tournent sur une distribution Linux dédiée, qui s’administre à distance et relance une carte sans qu’on ait à se déplacer. Si vous visez plus de huit cartes, le choix du système se pose en même temps que celui de la carte mère et pas après, et la version LTS d’Ubuntu qui convient à un rig se tranche avant l’achat.

Le seuil à partir duquel les dix-neuf slots servent

Une carte mère de bureau ordinaire porte un slot x16, un ou deux x1, parfois un second x16 câblé en x4. Avec des risers, ça fait quatre cartes, cinq en récupérant un port M.2 par adaptateur. Un premier rig tient là-dedans sans acheter la moindre carte spéciale, et c’est le conseil le moins cher de cette page.

À partir de six cartes, la carte de minage se justifie. Comptez : une carte à douze slots se trouve autour de deux cents euros, contre quatre-vingts pour une carte de bureau correcte. Cent vingt euros d’écart pour six emplacements de plus, soit vingt euros par carte supplémentaire, quand la carte graphique elle-même en coûte plusieurs centaines. Le prix de la carte mère n’est donc jamais la question.

La vraie limite est électrique. Dix-neuf cartes modernes à 300 W font 5 700 W. Un circuit 16 A en 230 V tient 3 680 W en pointe et moins en continu : il en faut deux, plus les trois blocs d’alimentation et leur synchronisation, plus la place pour dissiper tout ça. À ce stade, le nombre de slots a cessé depuis longtemps d’être la contrainte. Les dix-neuf slots ne servent qu’à qui a déjà réglé la question du raccordement, c’est-à-dire à personne qui monte son premier rig. Entre six et douze cartes, une carte à douze slots couvre tous les cas.

Le DAG, ce qui date une carte graphique avant qu’elle s’use

Ce que c’est, et pourquoi il grossit

Les algorithmes de la famille Ethash ne se contentent pas de calculer : ils obligent la carte à lire, à chaque tentative, des morceaux tirés au hasard dans un gros fichier de données. Ce fichier est le DAG, pour directed acyclic graph. Il se reconstruit à partir d’une graine que la chaîne renouvelle à intervalle fixe, et il doit tenir entièrement dans la mémoire de la carte graphique. Entièrement : s’il déborde de quelques mégaoctets, la carte ne mine pas plus lentement, elle ne mine plus du tout, et le logiciel refuse de la prendre en charge. Il n’y a pas de perte progressive.

On a longtemps vendu cette contrainte comme un rempart contre les machines spécialisées. Elle a retardé. Elle n’a pas empêché : sur Ethereum Classic, un Antminer E9 Pro sort 3 680 MH/s pour 2 200 W, et ces boîtiers-là tiennent aujourd’hui le gros du réseau. Ce qu’elle condamne pour de bon, en revanche, ce sont les cartes graphiques, une par une. Le DAG démarre à 1 024 Mio et prend 8 Mio à chaque époque, sans jamais redescendre. Le rythme dépend de la longueur de l’époque, mesurée en blocs : 60 000 blocs pour Etchash, 7 500 pour KawPow, environ 1 300 pour FiroPoW.

Où le DAG existe encore en 2026

Quatre algorithmes reviennent dans les recherches. Ils ne se comportent pas du tout de la même façon, et c’est ce qui décide de l’achat.

Algorithme

Monnaie

Relevé du 13 août 2026

Comportement

Etchash

Ethereum Classic

4 376 Mio à l’époque 419, sur les 6 144 d’une carte de 6 Go

Gagne 8 Mio toutes les 60 000 blocs, environ neuf jours

KawPow

Ravencoin

5 816 Mio à l’époque 599 : 328 Mio sous les 6 144 d’une carte de 6 Go

Gagne 8 Mio toutes les 7 500 blocs, environ cinq jours : le plus rapide

FiroPoW

Firo

Exigence fixée aux cartes de 8 Go

Le DAG avait dépassé 7 900 Mio début 2025 et sortait les cartes de 8 Go. La mise à jour obligatoire 0.14.15.0, à appliquer avant le bloc 1 205 100, mi-novembre 2025, a redescendu la barre pour qu’elles continuent

Autolykos2

Ergo

4 Go pour miner, 6 Go pour être tranquille

Pas de DAG au sens d’Ethash. La table mémoire monte par paliers inscrits dans le protocole, indexés sur la hauteur de bloc et non sur l’âge de la chaîne

Les deux dernières lignes ne ressemblent pas aux deux premières. Etchash et KawPow font monter la barre chaque semaine, mécaniquement, sans que personne n’ait de prise dessus. Firo a choisi de fixer la sienne et l’a fait redescendre par un vote de sa communauté, ce qui a rendu leur sursis aux cartes de 8 Go. Ergo, lui, ne fait grossir aucun fichier avec le temps : sa mémoire monte par paliers programmés d’avance, et le palier actuel tient dans 4 Go.

Carte graphique mining DAG : la règle qui donne la date de sortie de votre carte

La formule tient sur une ligne et se calcule de tête. Taille du DAG en mébioctets égale 1 024 plus 8 fois le numéro d’époque, le numéro d’époque étant la hauteur du bloc divisée par la longueur d’époque de l’algorithme.

Une carte sort du jeu quand ce chiffre dépasse sa mémoire vidéo utilisable, toujours inférieure à la mémoire annoncée : le pilote et l’affichage en réservent deux à trois cents mégaoctets. C’est cette mémoire-là qu’il faut mettre en face du DAG, et en mébioctets des deux côtés. Une carte de 6 Go, ce sont 6 144 Mio nominaux et 5 900 réellement disponibles, quand le DAG de Ravencoin en occupe déjà 5 816. Les dates qui suivent tiennent donc à une division plutôt qu’à un pronostic ; les blocs ne tombant jamais tout à fait à l’heure, comptez quelques jours de battement.

  • 4 Go : dehors partout. Le plafond utilisable, autour de 3 800 Mio, a été franchi vers l’époque 350, il y a des années sur Etchash comme sur KawPow.

  • 6 Go : 5 844 à 5 944 Mio utilisables, dépassés entre les époques 603 et 616. Sur Ravencoin, qui en est à la 599ᵉ, ça tombe entre le début septembre et la mi-novembre 2026 : trois semaines dans le pire des cas, trois mois dans le meilleur. Sur Ethereum Classic, courant 2031, et pas parce que ses époques seraient huit fois plus longues : elles durent neuf jours et demi contre cinq, à peine le double. Le sursis vient du retard, cent quatre-vingts époques derrière Ravencoin.

  • 8 Go : 7 892 à 7 992 Mio utilisables, dépassés entre les époques 859 et 872. Du printemps au début de l’été 2030 sur Ravencoin, autour de 2038 sur Ethereum Classic.

Avec 12 Go, l’échéance recule loin. Les 12 288 Mio annoncés en laissent près de 12 000 utilisables, atteints vers l’époque 1 372, soit onze ans de KawPow ou vingt-six ans d’Etchash au rythme actuel. Avec 16 Go, la question ne se pose plus.

Ce que ça change au moment de payer

Prenez deux versions d’une même carte, 8 Go d’un côté, 16 Go de l’autre, qui minent au même rythme. La première s’arrête au printemps 2030 sur Ravencoin ; la seconde n’a pas de date. L’écart de prix entre les deux achète donc, littéralement, des mois de fonctionnement. Divisez le surcoût par le nombre de mois gagnés, comparez au revenu mensuel net de la carte, et vous savez si le supplément se rembourse.

Au passage, la carte d’occasion à bas prix, en 6 Go, n’est pas la bonne affaire qu’elle paraît : elle est à quelques semaines de sa retraite sur Ravencoin, et son prix de revente à ce moment-là sera nul. Le hashrate réel de chaque carte, algorithme par algorithme, se regarde ensuite, une fois la question de la mémoire réglée.

La carte graphique : la bande passante mémoire, et rien d’autre

Le minage GPU calcule peu. Il lit de la mémoire, en très grand nombre, à des adresses tirées au hasard. La ligne des spécifications qui prédit le hashrate est donc la bande passante mémoire, en gigaoctets par seconde. Le nombre d’unités de calcul, la fréquence du cœur, le chiffre en téraflops : rien de tout ça ne décide.

La preuve tient en deux cartes. La Radeon VII, sortie le 7 février 2019, porte 16 Go de HBM2 sur un bus de 4 096 bits et délivre 1 024 Go/s pour environ 300 W. La GeForce RTX 5070 Ti, de six ans sa cadette, porte 16 Go de GDDR7 et délivre 896 Go/s pour 300 W. Celle de 2019 a plus de bande passante que celle de 2025, à consommation égale. Sur un algorithme à DAG, elle mine plus vite. Six ans d’écart, dans le mauvais sens.

Le type de mémoire explique une partie de l’écart : la GDDR6 plafonne à 20 gigabits par seconde et par broche sur les cartes grand public, la GDDR6X à 24, la GDDR7 à 32. Mais la bande passante est le produit de ce débit par la largeur du bus, et c’est le bus qui creuse les écarts. Quatre mille quatre-vingt-seize bits de HBM2 sur la Radeon VII ; 512 bits sur une RTX 5090, qui atteint 1 792 Go/s ; 256 bits sur la plupart des cartes de milieu de gamme. Petit bus et mémoire récente perdent contre gros bus et mémoire ancienne. Les fiches produit ne mettent jamais cette ligne en avant.

Deux repères pour situer une carte du moment : la RTX 4090 et ses 24 Go de GDDR6X délivrent 1 008 Go/s ; la Radeon RX 9070 XT, 640 Go/s, annoncée à 304 W et mesurée à 144 W une fois réglée pour Autolykos2, cœur descendu de 500 MHz et tension abaissée de 200 mV. Ce dernier chiffre dit l’essentiel sur les consommations des fiches techniques : elles décrivent un usage graphique, pas un usage de minage. On dimensionne un rig sur la consommation réglée, jamais sur celle du catalogue.

Processeur, mémoire vive, stockage : le minimum, et l’exception

Le processeur ne hache rien

Sur un rig GPU, le processeur distribue le travail aux cartes et récupère leurs résultats. Un Celeron ou un Pentium d’entrée de gamme suffit, et un processeur à trente euros fait le même travail qu’un modèle à trois cents. La seule chose à vérifier est le socket de la carte mère retenue, LGA 1151 ou LGA 1200, avec la génération de cœurs correspondante.

La consommation compte un peu quand même. Quinze watts d’écart entre deux processeurs font 131 kWh sur une année de fonctionnement continu, soit 26 € au tarif réglementé bleu, 0,2001 € le kWh au 1ᵉʳ août 2026. Ce n’est pas de quoi arbitrer un achat, c’est de quoi ne pas prendre un modèle à 95 W de TDP par distraction.

La mémoire vive, et le piège de Windows

8 Go de DDR4 suffisent, sous Linux comme sous Windows, tant qu’on parle de mémoire physique. L’exception est ailleurs : dans le fichier d’échange de Windows. Le logiciel de minage y prépare le DAG de chaque carte avant de l’envoyer, et si la place manque il ne démarre pas, ou il s’arrête après quelques minutes sur un message qui ne parle jamais de mémoire virtuelle.

La règle est simple : le fichier d’échange doit couvrir la somme des mémoires de toutes les cartes, plus 4 Go. Six cartes de 16 Go donnent 96 plus 4, soit 100 Go à réserver sur le disque. Ce chiffre dimensionne le stockage bien plus sûrement que n’importe quelle considération de vitesse.

Le stockage

Un SSD SATA de 120 Go tient un système de minage et ses journaux. Ajoutez le fichier d’échange d’un rig à six cartes de 16 Go et il faut passer à 240 Go. C’est le fichier d’échange qui fixe la capacité, pas le système.

La clé USB, elle, ne tient pas. HiveOS, qui fait pourtant tourner l’essentiel du parc, la classe lui-même comme un support d’essai : bon marché, pratique pour tester, remplaçable quand elle lâche. Et elle lâche, parfois au bout de quelques jours, avec un système de fichiers corrompu ou un rig qui ne redémarre plus. Sur une machine qu’on ne visite pas tous les jours, le même éditeur recommande le SSD. Vingt-cinq euros contre un déplacement : l’arbitrage se fait tout seul. L’installation du système et le premier démarrage se traitent une fois le matériel arrivé.

L’alimentation, le composant où l’économie se paie deux fois

Dimensionner : la règle des 80 %

Une alimentation ne se charge pas au-delà de 80 % de sa puissance nominale en fonctionnement continu. Le rendement n’a rien à voir là-dedans. Entre la mi-charge et la pleine charge, une Platinum perd quatre points, pas davantage. Ce que ces 20 % achètent, c’est la marge de pointe, une carte qui appelle 400 W le temps d’un clignement, et surtout la température. Un bloc collé à sa limite tourne chaud en permanence, et ce sont ses condensateurs qui paient. Comptez 8 760 heures de fonctionnement par an, là où un PC de jeu en fait trois cents.

Le calcul se pose donc à l’envers. Six Radeon RX 9070 XT à 304 W font 1 824 W, plus une centaine de watts pour la carte mère, le processeur, le SSD et les ventilateurs : 1 924 W à fournir. Divisé par 0,8, il faut 2 405 W d’alimentation.

Le même rig réglé pour Autolykos2, à 144 W par carte, demande 864 plus 100, soit 964 W, donc 1 205 W d’alimentation. Le réglage des cartes fait changer de classe d’alimentation. C’est la raison pour laquelle on règle avant de commander le bloc, et non l’inverse. Les blocs de forte puissance dédiés au minage commencent là où les alimentations de PC s’arrêtent.

Le rendement, et ce qu’il coûte sur une année

Le barème 80 PLUS mesure le rendement à trois taux de charge. Une alimentation Platinum doit rendre 94 % à la moitié de sa charge sur un réseau 230 V ; les échelons inférieurs perdent quelques points chacun. Ces points se convertissent en euros sans difficulté.

Un rig qui délivre 1 500 W à ses composants tire 1 596 W au compteur derrière une alimentation à 94 %, et 1 667 W derrière une alimentation qui plafonne à 90 %. L’écart fait 71 W, en pure chaleur. Sur une année de fonctionnement continu, 71 W font 622 kWh, soit 124 €. C’est à peu près l’écart de prix entre les deux blocs : remboursé la première année, gagné chaque année suivante.

Pour situer la dépense complète, ce même rig consomme 13 980 kWh par an, 2 798 € d’électricité au tarif réglementé. Le rendement de l’alimentation pèse quatre pour cent de cette facture ; le prix du kilowattheure pèse le reste. Ce qu’un rig rapporte face à ce qu’il consomme se calcule à partir de ce chiffre-là.

Deux alimentations, le synchroniseur et les câbles

Au-dessus de 1 600 W environ, les blocs deviennent rares et chers. Deux blocs de 1 000 W coûtent moins qu’un de 2 000 et répartissent la charge sur deux prises, donc éventuellement sur deux circuits. Le montage demande une pièce à deux euros : un synchroniseur, petite carte à relais qui reçoit un connecteur SATA du bloc principal et le connecteur 24 broches du second. Quand le premier démarre, le relais ferme et le second suit. Sans lui, le second bloc n’entend jamais l’ordre de démarrage et reste éteint.

Une règle, absolue : les câbles modulaires ne se mélangent jamais d’une marque à l’autre, ni parfois d’une gamme à l’autre chez le même fabricant. Les connecteurs côté bloc ont la même forme et pas le même brochage. Un câble de la marque A branché sur un bloc de la marque B envoie du 12 V là où la carte attend une masse, et détruit la carte graphique en une seconde. Chaque bloc part avec ses propres câbles, étiquetés, et un câble orphelin se jette.

Risers, châssis et ventilation

Les risers déportent les cartes hors des slots, seule façon d’en monter plus de trois sur une carte mère. Une règle brûle des rigs tous les ans : un riser s’alimente en PCIe, jamais en SATA. Un connecteur SATA autorise 54 W quand une carte tire jusqu’à 75 W par son slot ; l’écart passe dans le connecteur et le fait fondre. Le riser brûle, la carte part avec. Longueurs, versions et défauts de contact se traitent en détail sur la page consacrée aux câbles d’extension PCIe.

Le châssis n’a pas besoin d’être beau, il a besoin d’espacer. Les cartes se montent verticalement, alignées, avec au minimum la largeur d’un ventilateur entre deux : une carte qui aspire l’air chaud de sa voisine perd dix degrés de marge et passe sa vie à 100 % de ventilation. Toutes dans le même sens, entrée d’air d’un côté, sortie de l’autre, et le rig placé de manière que l’air chaud parte ailleurs qu’à l’entrée.

Reste ce que personne ne mesure avant de brancher : la chaleur. Ce qu’un rig consomme, il le restitue en chaleur. 1 500 W tirés, 1 500 W dissipés, sans exception. C’est un convecteur électrique qui ne s’arrête jamais. Dans une pièce fermée de 30 m³, l’air seul pèse environ 36 kg et absorbe 36 kJ par degré : 1 500 W lui font gagner un degré toutes les vingt-quatre secondes. Les murs et les meubles freinent, l’inertie fait le reste, mais la pièce finit à trente-cinq degrés et les cartes s’étranglent. À cette échelle, il faut une extraction vers l’extérieur, et un régulateur de vitesse pour les ventilateurs d’extraction évite d’avoir à choisir entre le bruit et la température.

Le récapitulatif, pièce par pièce

Pièce

La contrainte qui décide

Le minimum acceptable

L’erreur qui coûte le plus cher

Carte mère

Le nombre de lignes PCIe distribuées une par slot

Une carte de bureau et ses quatre à cinq emplacements, pour un premier rig

Acheter dix-neuf slots avant d’avoir réglé le raccordement électrique

Carte graphique

La bande passante mémoire, en Go/s

8 Go de mémoire vidéo, et la date de sortie calculée avant l’achat

Prendre une carte de 6 Go d’occasion pour son prix

Processeur

La compatibilité de socket

Un Celeron ou un Pentium d’entrée de gamme

Payer un modèle haut de gamme qui ne servira à rien

Mémoire vive

La somme des mémoires vidéo, sous Windows

8 Go de DDR4, fichier d’échange à la somme des VRAM plus 4 Go

Laisser le fichier d’échange par défaut et chercher la panne ailleurs

Stockage

La place du fichier d’échange

SSD SATA de 120 Go, 240 au-delà de quatre cartes

Démarrer sur une clé USB une machine qu’on ne visite pas

Alimentation

La charge continue et le rendement

Puissance totale divisée par 0,8, certifiée 80 PLUS

Mélanger les câbles modulaires de deux marques

Risers

Le connecteur d’alimentation

Alimentation PCIe, jamais SATA

Le connecteur SATA, qui fond sous 75 W

Châssis

L’espacement et le sens du flux d’air

La largeur d’un ventilateur entre deux cartes

Enfermer 1 500 W dans une pièce sans extraction

Questions fréquentes

  • Une carte mère de PC ordinaire peut-elle faire tourner un rig ?
    Oui, jusqu’à quatre ou cinq cartes, en utilisant tous les slots PCIe plus un adaptateur sur le port M.2, à condition d’activer Above 4G Decoding dans le BIOS. C’est le montage le moins cher pour commencer.

  • Comment savoir quand ma carte cessera de miner ?
    Comptez 1 024 plus 8 fois le numéro d’époque, en mébioctets, l’époque étant la hauteur du bloc divisée par la longueur d’époque de l’algorithme. Quand ce chiffre dépasse votre mémoire vidéo moins deux à trois cents mégaoctets, la carte est dehors. Sur Ravencoin, les 6 Go tombent à l’automne 2026.

  • Faut-il une grosse alimentation ou deux moyennes ?
    Deux moyennes au-dessus de 1 600 W : elles coûtent moins cher, se répartissent sur deux prises et ne demandent qu’un synchroniseur à relais. En dessous, un bloc unique simplifie le montage et le câblage.

  • Combien de mémoire vive pour six cartes ?
    8 Go de DDR4 physiques. Sous Windows, le fichier d’échange doit en revanche couvrir la somme des mémoires vidéo plus 4 Go, soit 100 Go pour six cartes de 16 Go.

  • L’algorithme change-t-il quelque chose au choix des composants ?
    Il change tout du côté de la carte graphique. Un algorithme à DAG impose une mémoire vidéo minimale qui monte chaque semaine ; Autolykos2 se contente de 4 Go et n’augmente que par paliers programmés. L’algorithme se choisit donc avant la carte, et le catalogue des logiciels par algorithme et par matériel montre ce que chaque famille réclame.