Minage crypto : définition, et les 45 mots à connaître avant d’acheter
Un débutant ne bute pas sur le minage. Il bute sur les mots. On lui vend un hashrate, on lui parle d’efficacité en J/TH, son écran affiche « stale share », son pool lui propose du PPS+, et il signe sans savoir ce qu’il achète. Quarante-cinq mots, rangés par famille, chacun suivi de ce qu’il change une fois la machine branchée.
Quand un chiffre existe, il est là avec sa date. Un hashrate de l’an dernier ou une récompense de bloc périmée envoie le lecteur dans le mur, et le domaine en est plein. Les termes anglais gardent leur forme anglaise : ce sont ceux qu’affichent les interfaces, et les traduire ne rendrait service à personne.
Minage crypto : la définition, et ce qu’elle cache
Le français a une définition administrative du mot, publiée au Journal officiel du 23 mai 2017 : « Validation de bloc donnant lieu à la création de nouvelles unités de compte au profit du participant dont le bloc a été retenu par le réseau. » Rien à y redire. Elle ne dit simplement rien du travail réel.
Ce travail se décrit sans métaphore. Une machine assemble un paquet de transactions, calcule l’empreinte numérique de ce paquet, et regarde si le résultat tombe sous une valeur fixée par le réseau. Sinon, elle change un nombre à l’intérieur du bloc et recommence. Elle ne résout aucune équation, ne démontre aucun théorème : elle tire au sort, des milliards de fois par seconde, et la seule chose qu’elle fait varier d’un tirage au suivant est ce nombre.
À quoi ressemble un tirage gagnant ? Le bloc 962 325 de Bitcoin, scellé le 13 août 2026 à 19 h 31 UTC, porte cette empreinte : 0000000000000000000225b312bef1498135e0f8677cbb1fa6b7d711c4944977. Dix-neuf zéros d’affilée, et rien d’autre à trouver. Le nombre qui a produit ce résultat vaut 2 600 929 151. Le bloc contenait 4 087 transactions et a rapporté 3,15045774 bitcoin : 3,125 créés pour l’occasion, plus 0,02545774 de frais versés par les transactions embarquées.
Tout le vocabulaire qui suit décrit une de ces quatre choses : la machine qui tire, le collectif qui met les tirages en commun, la chaîne qui départage, l’argent qui circule entre les trois. Si le mécanisme lui-même vous manque, il est détaillé dans notre page sur le trajet d’une transaction, du hachage au paiement.
Ce qu’on mesure : hashrate, difficulté, J/TH, hashprice
Quatre grandeurs suffisent à juger une offre de minage. Trois d’entre elles se retrouvent sur toutes les fiches produit ; la quatrième, l’efficacité, est celle qui décide, et c’est la moins mise en avant.
Hash (empreinte) : le résultat d’une fonction qui transforme n’importe quelle donnée en 256 bits, écrits sous forme de 64 caractères. Un octet modifié dans le bloc et l’empreinte entière change, sans que rien ne permette de prévoir dans quel sens. Personne ne peut viser une empreinte. On ne peut que tirer, ce qui explique pourquoi la puissance brute est la seule marchandise du secteur.
Hashrate (taux de hachage) : le nombre de tirages par seconde. Il se compte en TH/s pour une machine, en EH/s pour un réseau entier. Bitcoin tournait à 911 EH/s en moyenne sur sept jours au 10 août 2026, contre 932 la semaine précédente. Un pool, un contrat ou une annonce de matériel ne vendent que ça. Pris seul, ce nombre ne dit rien de ce que vous gagnerez, puisqu’il ignore l’électricité qu’il a fallu brûler pour l’obtenir.
Difficulté : le réglage qui fixe la rareté du tirage gagnant. Bitcoin la recalcule tous les 2 016 blocs, soit environ deux semaines, pour ramener le rythme à un bloc toutes les dix minutes. Elle valait 127,48 T après l’ajustement du 8 août 2026, en hausse de 0,99 %. Elle monte dès que des machines arrivent sur le réseau, et votre revenu par TH/s baisse d’autant, sans que rien n’ait bougé chez vous. Les zéros en tête de l’empreinte du bloc 962 325 en sont la lecture directe.
Efficacité énergétique (J/TH) : combien de joules la machine dépense pour un térahash. Tout le reste dépend de cette ligne. Au hashprice et au cours du jour, le prix du kilowattheure au-delà duquel la machine perd de l’argent vaut 1,146 divisé par l’efficacité. Le tableau ci-dessous applique la division à cinq machines dont les spécifications sont publiées.
Hashprice : ce que rapporte une unité de puissance de calcul par jour, revenus de bloc et frais compris. 31,73 $ par PH/s et par jour au 10 août 2026, contre 32,07 la semaine d’avant et 32,10 le 3 août. C’est le prix de vente de ce que produit votre machine. Il recule à chaque hausse de difficulté et à chaque baisse du cours, et il n’attend pas votre amortissement.
Machine | Hashrate et consommation | Efficacité | Prix du kWh au point mort |
|---|---|---|---|
Antminer S21 XP Hydro | 473 TH/s pour 5 676 W | 12 J/TH | 0,0955 € |
Antminer S21 XP | 270 TH/s pour 3 645 W | 13,5 J/TH | 0,0849 € |
Antminer S21 Pro | 234 TH/s pour 3 510 W | 15 J/TH | 0,0764 € |
Whatsminer M60S | 188 TH/s pour 3 478 W | 18,5 J/TH | 0,0619 € |
Avalon A1566 | 185 TH/s pour 3 420 W | 18,5 J/TH | 0,0619 € |
Le tarif réglementé bleu résidentiel, option base, était de 0,2001 €/kWh TTC à 6 kVA au 1er août 2026. La meilleure machine de ce tableau atteint son point mort à moins de la moitié de ce prix. Autrement dit, branchée à domicile en France au tarif standard, aucune de ces cinq machines ne rentre dans ses frais. L’abonnement, à 190,32 € par an pour un compteur de 6 kVA en option base, s’ajoute par-dessus.
La machine : ASIC, rig, firmware et les mots du réglage
Deux familles de matériel, deux vocabulaires qui ne se recouvrent pas. Le premier bloc de termes appartient au Bitcoin et à ses machines dédiées, le second aux cartes graphiques et aux monnaies qui leur restent ouvertes.
ASIC : circuit gravé pour un seul algorithme. Un Antminer S21 Pro sort 234 TH/s en consommant 3 510 W. Il ne sait faire que ça, ne se revend qu’à d’autres mineurs, et sa valeur suit la sortie de la génération suivante. Le choix d’un modèle se joue donc sur l’efficacité et sur rien d’autre.
Rig : châssis ouvert portant plusieurs cartes graphiques reliées à une même carte mère. Il change d’algorithme par un simple changement de logiciel, ce qu’un ASIC ne fera jamais. Il ne joue plus dans la cour du Bitcoin depuis 2013.
Hashboard : la carte à puces d’un ASIC. Un S19 comme un S21 en portent trois, avec 76 puces par carte sur le premier et 108 sur le second. Une hashboard muette, c’est un tiers du hashrate perdu sur une machine qui continue de tourner et d’afficher un fonctionnement normal.
Firmware : le système embarqué qui pilote la machine. Braiins OS, VNish et LuxOS remplacent celui du constructeur. Ils prélèvent, de 2 à 2,5 % selon le modèle de machine pour Braiins OS, 2,8 % pour VNish et LuxOS, et ce prélèvement de développeur ne se rend jamais. Ce qui est parfois ristourné, c’est le frais de pool, pas celui-là.
Autotune : réglage puce par puce. Le firmware teste chaque puce pendant deux à huit heures, donne de la fréquence à celles qui tiennent, en retire à celles qui décrochent, puis garde le profil. À consommation identique, le hashrate monte. Aucun autre réglage n’améliore l’efficacité sans rien débrancher ni racheter.
Sous-tension (undervolt) : abaisser la tension d’alimentation d’une carte graphique. Une RX 9070 XT descend à 144 W en Autolykos v2 au meilleur réglage relevé, quand son enveloppe constructeur annonce 304 W. Plus de la moitié de la facture s’efface dans un menu.
Bridage (power limit) : plafonner la consommation autorisée. On perd du hashrate et on gagne des J/TH. Quand le hashprice recule, brider ramène parfois une machine au-dessus de son point mort au lieu de la débrancher.
Riser : la rallonge qui déporte une carte graphique loin de la carte mère. Il s’alimente en PCIe, jamais en SATA. Un connecteur SATA autorise 54 W quand une carte tire jusqu’à 75 W par son slot, et l’écart part en fumée, au sens propre.
DAG : jeu de données que certains algorithmes obligent la carte à garder en mémoire pendant qu’elle mine. Il grossit par paliers de 7 500 blocs appelés epochs, et il ne redescend jamais : Ravencoin en était à 5,68 Go à l’epoch 599. Le jour où le DAG dépasse la mémoire de la carte, la carte s’arrête. C’est cette date, et non l’usure, qui fixe la fin de vie d’un rig, et elle se calcule au lieu de se deviner. Le DAG ne traverse d’ailleurs pas le lien PCIe : le logiciel n’envoie qu’un cache, et le processeur graphique construit le jeu de données dans sa propre mémoire, ce qui explique qu’une voie x1 plafonnée à 985 Mo/s suffise. Le choix des composants d’un rig se joue là.
Bande passante mémoire : le débit entre la puce graphique et sa mémoire. 640 Go/s sur une RX 9070 XT, 896 Go/s sur une RTX 5070 Ti. En minage sur carte graphique, c’est la seule ligne de la fiche technique qui prédit le hashrate. Ni le nombre de cœurs ni la fréquence de jeu ne comptent ici.
Refroidissement liquide (hydro) : version d’une machine où la chaleur part dans un circuit d’eau au lieu de ventilateurs. L’Antminer S21 XP Hydro monte à 473 TH/s pour 5 676 W. Elle exige du 380-415 V triphasé industriel. Aucune ligne monophasée domestique ne la démarre, et le circuit d’eau est un chantier, pas un branchement.
Le bruit compte aussi dans cette famille, même s’il ne porte pas de terme technique : 76 dB(A) pour un S21 Pro à plein régime, 72 pour un S19k Pro. Un aspirateur, en continu, jour et nuit.
Le collectif : pool, worker, parts et modes de paiement
C’est ici que le vocabulaire décroche le plus des articles français, et ici que se prennent les décisions les plus coûteuses. Un mineur seul, à l’échelle d’aujourd’hui, ne verra pas de bloc de sa vie. Il rejoint donc un collectif, et le collectif a ses mots.
Pool : groupement qui met en commun la puissance de ses membres, encaisse les blocs et redistribue. Vous échangez un gain rarissime et énorme contre un revenu petit et régulier. Les critères de choix d’un pool, frais et taille compris, méritent plus qu’un coup d’œil au pourcentage affiché.
Worker : le nom que porte chacune de vos machines dans votre compte de pool. Sans nommage propre, impossible de savoir laquelle des dix a décroché à trois heures du matin.
Stratum : le protocole qui relie une machine à son pool, créé en 2012. Sa version 2 chiffre les échanges, ferme la porte aux interceptions et laisse le mineur composer lui-même le contenu de son bloc. Sur Stratum V1, le pool choisit seul les transactions que votre machine valide.
Share (part) : un résultat qui atteint la difficulté demandée par le pool sans atteindre celle du réseau. Le pool règle cette difficulté machine par machine pour recevoir une part toutes les cinq secondes environ, une douzaine par minute. C’est ce qui vous est payé. Vous n’êtes pas payé en blocs, vous êtes payé en preuves de travail.
Vardiff (difficulté de part) : le réglage automatique de cette difficulté. Une grosse machine se voit attribuer 10 000 quand une petite reçoit 100, et toutes deux remontent une part au même rythme. Voir sa difficulté de part grimper n’est pas une mauvaise nouvelle, c’est le pool qui constate que vous produisez plus.
Part périmée (stale share) : une part valable au moment où la machine a commencé à travailler, arrivée trop tard parce que le pool était déjà passé au bloc suivant. Elle n’est pas payée. Le taux de parts périmées est le meilleur diagnostic de latence dont vous disposiez, et une liaison à plus de 200 ms le fait décoller.
Part refusée (rejected share) : un résultat que le pool refuse de compter. Il est faux, envoyé en double, ou calculé sous la difficulté demandée. Contrairement à la part périmée, elle signale un réglage ou un matériel en cause, pas un réseau lent.
Luck (chance) : le rapport entre le nombre de parts qu’il aurait dû falloir pour trouver un bloc et celui qu’il a réellement fallu. Six cent mille parts attendues, trois cent mille consommées, la chance affiche 200 %. Sur les modes qui achètent chaque part, elle ne vous concerne pas. Sur PPLNS, elle est votre salaire.
PPS, FPPS, PPS+ et PPLNS : qui porte la variance
Ces quatre sigles décident de qui encaisse les mauvaises semaines. Les confondre est l’erreur la plus répandue du domaine, et elle se paie en trésorerie.
Mode | Ce que le pool paie | Qui porte la variance | Frais relevés |
|---|---|---|---|
PPS | Chaque part à sa valeur théorique, subvention de bloc seule | Le pool | Plus proposé seul par les grands pools |
FPPS | Chaque part, subvention plus la moyenne des frais de transaction | Le pool | 2,5 % chez Braiins Pool, 4 % chez F2Pool |
PPS+ | Subvention payée en PPS, frais de transaction redistribués en PPLNS | Partagée | Proposé chez Antpool et F2Pool |
PPLNS | Une part du bloc trouvé, au prorata des N dernières parts | Le mineur | 2 % chez F2Pool |
Deux règles se déduisent de ce tableau. La première : un pool qui achète vos parts vous facture ce service, et les frais annoncés d’un FPPS ne se comparent pas à ceux d’un PPLNS. La seconde : sur PPLNS, quitter le pool laisse derrière soi tout ce que les dernières parts n’ont pas encore rapporté.
Seuil de retrait (payout threshold) : le montant en dessous duquel rien ne sort. Braiins Pool paie chaque jour à 9 h UTC, à partir de 0,0002 BTC en chaîne, gratuitement au-delà de 0,005 BTC et moyennant 0,0001 BTC en dessous ; en Lightning, le seuil tombe à un satoshi. F2Pool règle chaque jour à partir de 0,005 BTC, réglable jusqu’à 5. Une petite installation peut mettre des mois à franchir le seuil, et l’argent reste chez le pool pendant ce temps.
Minage solo : miner sans pool, pour soi. Face aux 911 EH/s du réseau, une machine de 234 TH/s doit attendre en moyenne 3,9 millions de blocs avant d’en décrocher un, soit soixante-quatorze ans. Le calcul se pose en une ligne et il ferme le débat.
La chaîne : bloc, nonce, mempool, orphelin, halving
Ces termes-là ne se règlent pas, ils se subissent. Ils décident pourtant du moment où l’argent arrive et de ce qu’il pèse.
Bloc : le paquet de transactions scellé par une empreinte, accroché au précédent. Bitcoin en produit un toutes les dix minutes en moyenne, 144 par jour. Toute la récompense mondiale se distribue à ce rythme, et rien ne l’accélère.
Nonce : le nombre de quatre octets que la machine fait varier d’un tirage au suivant. Il offre 4 294 967 296 valeurs. Un S21 Pro les épuise toutes en dix-huit millionièmes de seconde. Le nonce ne suffit donc plus depuis longtemps, et c’est le rôle du terme suivant.
Extranonce : une zone libre de la première transaction du bloc, que le pool découpe en plages distinctes pour chacune de ses machines. Elle donne à chaque worker un espace de recherche qui lui appartient, ce qui évite que deux machines refassent le même travail.
Transaction coinbase : la première transaction d’un bloc, celle qui crée les pièces neuves et encaisse les frais. Elle n’a pas de parent. C’est là que le pool inscrit sa signature, et c’est là qu’on lit qui a réellement trouvé un bloc.
Maturité : les pièces fraîchement créées ne se dépensent pas avant 100 blocs, soit environ dix-sept heures. La ligne apparaît dans les comptes bien avant d’être disponible, ce qui explique l’écart entre le solde affiché et le solde retirable.
Mempool : la salle d’attente où chaque nœud garde les transactions qui n’ont pas encore trouvé de bloc. Quand elle se remplit, les frais montent et les mineurs gagnent davantage par bloc. Quand elle se vide, le revenu se réduit à la seule subvention.
Confirmation : chaque bloc empilé au-dessus de celui qui contient une transaction. Le client Bitcoin historique considère une transaction acquise à six blocs de profondeur. Votre paiement de pool apparaît d’abord à zéro confirmation, ce qui n’a rien d’anormal ni d’inquiétant.
Bloc périmé (stale block), bloc orphelin (orphan block) : les deux mots s’échangent partout, et ils ne désignent pas la même chose. Le premier est valable et correctement formé, mais ne fait pas partie de la chaîne retenue. Un orphelin, lui, attend juste que son nœud reçoive le bloc parent. Seul le périmé coûte de l’argent : sur Bitcoin, tout le travail qui l’a produit ne rapporte rien. Zéro. C’est la raison pour laquelle un pool se choisit aussi sur sa latence.
Oncle (uncle) : sur certaines chaînes, ce bloc arrivé trop tard est payé quand même. Ethereum Classic verse 1/32 de la récompense au mineur de l’oncle, et autant en prime à celui qui l’inclut, deux oncles au maximum. Le taux de 7/8 qui traîne encore dans les articles s’est éteint avec la première ère d’émission en 2020 ; à 1/32, le supplément ne renverse aucun calcul de rentabilité.
Halving : la division par deux de la subvention de bloc, tous les 210 000 blocs. Bitcoin est passé à 3,125 BTC en avril 2024 et tombera à 1,5625 au printemps 2028. Une machine achetée aujourd’hui devra encore payer son électricité après cette date, avec une recette amputée de moitié. Notre page sur la récompense de bloc et l’après-halving déroule ce que ça change.
L’argent : subvention, frais, point mort
Cinq termes séparent un revenu brut d’un résultat. Ils s’empilent tous dans le même sens, celui de la soustraction.
Subvention de bloc : la partie créée à partir de rien, 3,125 BTC par bloc. Multipliée par 144 blocs, elle donne 450 BTC distribués chaque jour à l’ensemble des mineurs de la planète. Ce nombre est le plafond absolu de tout ce qui se gagne en minant du Bitcoin, et il sert de test à n’importe quelle promesse.
Frais de transaction : ce que les utilisateurs paient pour passer devant. 0,0226 BTC par bloc au 10 août 2026, soit 0,7 % de la recette d’un mineur. Les articles qui présentent les frais comme le relais du halving décrivent une situation qui n’existe pas encore.
Frais de pool : le prélèvement du collectif, 2,5 % chez Braiins Pool, 4 % en FPPS et 2 % en PPLNS chez F2Pool. Ils se comparent à mode de paiement identique, jamais entre deux modes différents.
Frais de développeur (devfee) : le prélèvement du logiciel de minage, pris sur le hashrate produit avant tout calcul. XMRig prend 1 %, lolMiner de 0,7 à 2,5 % selon l’algorithme. Ils s’ajoutent aux frais de pool, et un logiciel présenté comme gratuit peut coûter plus cher qu’un pool. Le prélèvement figure dans la documentation de l’éditeur, rarement sur la page de téléchargement.
Point mort : le prix du kilowattheure auquel la machine ne gagne ni ne perd rien. Il se calcule en divisant 1,146 par l’efficacité en J/TH. Comparez-le à votre facture avant d’acheter. Tout le reste vient après.

Les six mots qui servent à vous vendre autre chose
Ceux-là ne décrivent aucun objet technique. Ils décrivent une intention commerciale, et savoir ce qu’ils recouvrent économise davantage qu’un bon réglage.
« Minage gratuit » : le vendeur veut dire qu’il n’y a pas de matériel à acheter. Il ne dit pas d’où vient l’argent versé. Puisque le réseau entier distribue 450 BTC par jour pour 911 EH/s, une offre sans matériel rattaché à votre compte paie avec le dépôt de quelqu’un d’autre.
« Cloud mining » : location de puissance chez un tiers. Le modèle existe, mais l’historique du secteur est chargé, et aucune autorité française n’agrée ce type de service. La liste des plateformes de cloud mining sérieuses et des noms qui arnaquent mérite une lecture avant tout virement.
« Contrat de minage » : un engagement de durée sur un hashrate loué. Le vendeur veut dire rendement garanti ; le contrat, lui, prévoit presque toujours l’arrêt du service quand le revenu passe sous les frais de maintenance. La clause à chercher est celle-là.
« Minage automatique », « application de minage » : le vendeur veut dire qu’il n’y a rien à configurer. Un téléphone ne fait pas de SHA-256 utile ; ces applications distribuent un jeton maison ou de la publicité.
« ROI en X mois » : le calcul est fait au hashprice du jour, avec la difficulté du jour. Or la difficulté ne redescend pas et le halving de 2028 coupe la recette en deux. Un délai de retour annoncé sans hypothèse de difficulté ne veut rien dire.
« Ethereum 2.0 », « minage d’Ethereum » : Ethereum est passé en preuve d’enjeu le 15 septembre 2022 et ne se mine plus. Une offre qui le propose en 2026 décrit un monde disparu depuis quatre ans. Un point sur les monnaies qui se minent encore, et avec quel matériel évite de payer pour un algorithme mort.
La division à retenir : 50 satoshis par TH/s et par jour
Le réseau Bitcoin distribue 450 BTC par jour, soit 45 milliards de satoshis, répartis sur 911 EH/s de puissance, soit 911 millions de TH/s. La division donne 49,4 satoshis par TH/s et par jour.
Un second chemin donne le même résultat. Au hashprice du 10 août 2026, 31,73 $ par PH/s et par jour, un TH/s rapporte 0,03173 $. Avec un bitcoin à 64 033 $ le même jour, 49,4 satoshis valent 0,0316 $. Deux chemins de calcul indépendants, un écart de 0,3 %.
Cette borne est absolue. Elle vaut pour le meilleur mineur du monde comme pour vous, et elle ne connaît ni offre promotionnelle ni partenariat exclusif. Prenez la puissance qu’on vous vend, multipliez par 50 satoshis, comparez au versement promis. Si le promis dépasse, l’argent vient d’ailleurs que du minage. De cette borne il faut encore retirer les frais de pool, ceux du logiciel et l’électricité. Le hashprice d’août 2026 laisse donc peu de machines au-dessus de l’eau. Au 10 août, il fallait payer moins de 112 $ le mégawattheure pour tenir avec un parc sous 14 J/TH, et moins de 42 $ avec un parc entre 25 et 38 J/TH.
Par où continuer
Ce vocabulaire ouvre des portes différentes selon ce que vous cherchez.
Pour le mode d’emploi complet, du choix de la monnaie à la première part payée : le guide pour miner une crypto en 2026.
Combien mettre au départ, et ce que donne le premier mois : le budget, la monnaie et le premier mois de minage.
Ce qui coûte le plus cher aux nouveaux venus est réuni dans les huit erreurs les plus onéreuses.
Le calendrier réel entre l’achat et le retour sur investissement : matériel, budget et délai avant de rentrer dans ses frais.
Si vous hésitez encore entre le rig maison et la location : les six façons de miner et celle qui vous concerne.
Les jetons reçus se déclarent, et pas comme des plus-values : le régime fiscal du minage et sa déclaration.
Un dernier mot sur le mot lui-même. « Minage » désigne aussi l’emploi d’explosifs en génie civil, et, dans un français plus ancien, le mesurage puis la vente du grain. Les trois sens cohabitent dans les dictionnaires. Dans tout ce qui précède, il n’a jamais été question que du troisième.