Miner Ethereum : c’est terminé depuis le 15 septembre 2022
Non, vous ne pouvez plus miner d’Ethereum. Ça ne se joue ni sur la carte graphique, ni sur le logiciel, ni sur le prix du kilowattheure : le réseau ne verse plus un centime aux mineurs depuis le 15 septembre 2022. Ce qui vous amène ici, c’est plutôt de savoir quoi faire des cartes achetées pour ça, ou de l’envie qui vous en est restée. Les deux ont une réponse.
Le dernier bloc miné porte le numéro 15 537 393

Il a été scellé le 15 septembre 2022 à 6 h 42 min 42 s UTC. Le mineur qui l’a trouvé a touché 2,000000000089974287 ETH. Dix-sept secondes plus tard, le bloc 15 537 394 arrivait avec une difficulté inscrite à zéro. Plus personne ne cherchait. Ethereum était passé à la preuve d’enjeu, et n’en est jamais revenu.
Le basculement n’était pas calé sur une heure de la journée, mais sur une quantité de travail accumulée depuis le tout premier bloc de 2015. Le protocole appelle ça la difficulté totale terminale. La Fondation Ethereum en avait annoncé la valeur le 24 août 2022 : 58 750 000 000 000 000 000 000. Le bloc 15 537 393 a porté le compteur à 58 750 003 716 598 352 816 469, le seuil a été franchi, et le bloc suivant est sorti d’un validateur au lieu d’un mineur. Neuf jours plus tôt, le 6 septembre à 11 h 34 min 47 s UTC, la mise à jour Bellatrix avait armé la moitié preuve d’enjeu du dispositif à l’époque 144 896.
La validation ne se paie donc plus en calcul, elle se paie en dépôt. Avant, il fallait des machines, du courant et de la chance ; après, il faut 32 ETH immobilisés et un serveur qui reste allumé. La consommation électrique du réseau a chuté d’environ 99,95 % du jour au lendemain. Le chiffre dit assez bien la quantité de matériel qui s’est retrouvée sans emploi ce matin-là.
« Ethereum 2.0 » n’a jamais désigné un réseau
L’expression traîne encore un peu partout et elle égare tout le monde. Il n’y a pas eu deux Ethereum, un ancien qu’on minerait encore et un nouveau réservé aux gros porteurs. Une seule chaîne, un seul historique, un changement de mécanisme en l’espace d’un bloc. Le « fonctionnement hybride PoW/PoS » qu’on lit parfois n’a pas davantage existé : entre le dernier bloc miné et le premier bloc validé, il s’est écoulé dix-sept secondes. Une page qui vous parle d’Ethereum 2.0 en 2026 recopie un texte de 2021 sans l’avoir relu.
Les heures qui ont suivi la fusion
Une puissance de calcul de l’ordre du pétahash par seconde s’est retrouvée sans chaîne à sécuriser. Elle ne s’est pas évaporée, elle s’est déplacée, et la destination était connue d’avance. Ethereum Classic, née de la scission de 2016, tournait toujours en preuve de travail sur un algorithme cousin.
Le mouvement avait commencé bien avant la date. À la mi-août 2022, la puissance dirigée vers Ethereum Classic tenait encore sous les 40 TH/s, un record à l’époque. Onze heures après la fusion, elle dépassait 300 TH/s. Elle avait plus que quadruplé en une nuit sans que sa récompense de bloc bouge d’un iota, et chaque mineur y recevait donc quatre fois moins.
Le second débouché s’appelait EthereumPoW. Un groupe de mineurs a dupliqué la chaîne juste avant la bascule pour en garder une version en preuve de travail, jeton compris. Le 2 septembre 2022, dans l’attente fébrile de cette duplication, le jeton s’échangeait 58,54 dollars.
Le matériel, lui, est parti dans l’autre sens. Fin septembre 2022, une RTX 3090 Ti se trouvait sous les 1 999 dollars de son tarif de lancement et une RX 6950 XT sous les 1 100 dollars, quand les mêmes cartes se négociaient au double de leur prix conseillé quelques mois plus tôt. Nvidia a publié pour le trimestre clos le 30 octobre 2022 une activité jeu en recul de 51 % sur un an. Les cartes revendues par les mineurs retombaient sur un marché qui n’en demandait plus.
Les pools ont éteint leurs serveurs le jour même
Ethermine, de loin le premier pool d’Ethereum par la puissance, a coupé ses serveurs stratum le 15 septembre 2022 et basculé les comptes en retrait seul. Ses clients ont eu de quoi récupérer leur solde, rien de plus. SparkPool, deuxième du classement, avait déjà fermé fin septembre 2021, un an avant la fusion, chassé par la réglementation chinoise. Ces deux noms circulent toujours, frais et mode de rémunération à l’appui, dans des guides qui affichent 2026 dans leur titre.
Quatre ans après, le solde se lit vite. Le jour de la fusion, Ethereum Classic valait 39,72 dollars ; il en vaut 6,24 le 13 août 2026. Celui d’EthereumPoW est passé de 58,54 à 0,234 dollar, une perte de 99,6 %. Ces deux refuges vers lesquels les mineurs se sont précipités leur ont coûté plus cher que la fusion elle-même.
Ce que vos cartes rapportent aujourd’hui, calcul fait

Une chaîne en preuve de travail distribue chaque jour une quantité fixe de jetons, qu’elle partage entre tous ceux qui calculent. Le revenu d’un mégahash par seconde se lit donc directement : émission quotidienne multipliée par le cours, divisée par la puissance totale du réseau. Aucune promesse commerciale ne dépasse ce chiffre, puisqu’il n’y a rien d’autre à partager.
Au 13 août 2026, ce revenu vaut 0,000474 dollar par MH/s et par jour sur Ethereum Classic, 0,001668 dollar sur EthereumPoW, 0,00624 dollar sur Ravencoin et 0,000868 dollar sur Ergo. Reste à les confronter à une carte réelle. Une RTX 3080, la carte que tout le monde alignait à l’époque, donne ceci sur les quatre algorithmes que ses propriétaires envisagent encore.
Revenu et coût électrique quotidiens d’une RTX 3080, le 13 août 2026
Hashrate et consommation relevés pour chaque algorithme ; électricité facturée au tarif réglementé bleu résidentiel, option base, 3 à 6 kVA, soit 0,2001 €/kWh TTC au 1er août 2026.
Algorithme | Chaîne | Hashrate | Consommation | Revenu brut par jour | Électricité par jour |
|---|---|---|---|---|---|
Etchash | Ethereum Classic | 97,88 MH/s | 224 W | 0,04 € | 1,08 € |
Ethash | EthereumPoW | 97,88 MH/s | 224 W | 0,14 € | 1,08 € |
KawPow | Ravencoin | 46,45 MH/s | 279 W | 0,25 € | 1,34 € |
Autolykos2 | Ergo | 218,55 MH/s | 180 W | 0,16 € | 0,86 € |
Le meilleur des quatre rapporte un cinquième de ce qu’il coûte à faire tourner. Le pire en rapporte un vingt-septième. Ces montants sont bruts : ils ignorent les frais de pool, l’usure des ventilateurs et la valeur de la carte, qui perd du terrain pendant qu’elle chauffe. Un rig de six cartes multiplie chaque ligne par six, pertes comprises.
Avant de tout rebrancher, un mot sur ce qui décide vraiment du hashrate : la bande passante mémoire, et elle seule. Une carte taillée pour le jeu et une carte taillée pour le minage ne se classent pas dans le même ordre, ce que détaille notre page sur le hashrate réel des cartes graphiques et la taille du DAG.
Ethereum Classic, la réponse que tout le monde donne
C’est la suggestion réflexe, et elle n’est pas absurde sur le papier. La chaîne existe, elle tourne, elle est en preuve de travail, et son algorithme Etchash descend directement de celui d’Ethereum. La modification date de 2020 : elle a doublé la longueur des époques pour que le DAG grossisse deux fois moins vite et que les cartes de 4 Go survivent plus longtemps.
Les chiffres du jour mordent plus fort. Le 13 août 2026, le réseau tourne à 137 TH/s pour une difficulté de 1,86 P, un bloc toutes les 13,6 secondes en moyenne, et une récompense de 1,6384 ETC. Cette dernière valeur se rate souvent : tous les cinq millions de blocs, la récompense recule de 20 %, et le bloc 25 000 001 est passé cet été. Une page qui annonce encore 2,56 ETC surestime votre revenu de 56 %.
L’émission quotidienne de toute la chaîne pèse environ 10 400 ETC, soit quelque 56 000 euros par jour pour l’ensemble des mineurs du monde. Le réseau tournait au double en novembre 2025 : sa puissance a fondu de moitié en neuf mois, et elle continue de reculer.
Etchash est passé aux machines dédiées
Le pool 2Miners, l’un des principaux sur cette chaîne, affiche, le 13 août 2026, 48,56 TH/s pour 1 497 comptes de mineurs. Ça fait 32 GH/s en moyenne par compte. Une RTX 3080 en produit 0,098. Le mineur moyen de ce pool aligne donc l’équivalent de plus de trois cents cartes graphiques, ou, plus vraisemblablement, une poignée de machines dédiées.
Ces machines existent et se vendent. La Jasminer X16-Q produit 1 950 MH/s pour 620 W, soit 0,32 J/MH. L’Antminer E9 Pro, sortie en février 2023, monte à 3 680 MH/s pour 2 200 W, soit 0,598 J/MH, et fait 75 dB(A). La même RTX 3080 tient 97,88 MH/s sur cet algorithme pour 224 W, ce qui donne 2,29 J/MH. Le rapport d’efficacité va de un à sept.
La rentabilité de ces machines n’est pas plus tendre. Au revenu du 13 août 2026, la Jasminer X16-Q rapporte 0,80 euro par jour et consomme 14,88 kWh. L’Antminer E9 Pro rapporte 1,51 euro et en consomme 52,80. Pour couvrir leur seule facture d’électricité, la première a besoin d’un courant à 0,054 euro le kilowattheure, la seconde à 0,029. Le tarif français le plus bas, celui des heures creuses, s’établit à 0,1589 euro TTC au 1er août 2026. Aucune des deux ne rembourse son courant en France, et on ne parle même pas de leur prix d’achat.
Côté mémoire vidéo, son DAG pèse 4,273 Go et demande une carte d’au moins 5 Go. Les 4 Go dont parlent les tutoriels de 2016 ne suffisent plus depuis longtemps.
Une chaîne qui rétrécit devient attaquable
La sécurité d’une chaîne en preuve de travail vaut exactement ce que coûte la location de la moitié de sa puissance pendant quelques heures. Ethereum Classic en a fait l’expérience trois fois en un mois, à une époque où son réseau était pourtant bien plus fourni qu’aujourd’hui : le 1er août 2020, une réorganisation a effacé 3 693 blocs ; le 5 août, environ 4 000 ; le 29 août, plus de 7 000. Des jours entiers de transactions réécrits.
La question redevient sensible quand la puissance recule. Cette chaîne a perdu la moitié de la sienne depuis novembre 2025, et le mouvement se poursuit mois après mois. Ça ne veut pas dire qu’une attaque est imminente. Ça veut dire que la marge de sécurité se réduit pendant que vous amortissez un matériel acheté pour trois ans. Sur EthereumPoW et ses 1,87 TH/s, cette marge tient dans un mouchoir de poche.
Les trois chaînes côte à côte, au 13 août 2026
Ethereum et les deux héritières que les mineurs ont rejointes après la fusion.
Chaîne | Consensus | Algorithme | Récompense de bloc | Puissance du réseau | Revenu par MH/s et par jour |
|---|---|---|---|---|---|
Ethereum | Preuve d’enjeu | Aucun | Rien pour les mineurs | Nulle | Néant |
Ethereum Classic | Preuve de travail | Etchash | 1,6384 ETC | 137 TH/s | 0,000474 $ |
EthereumPoW | Preuve de travail | Ethash | 2 ETHW | 1,87 TH/s | 0,001668 $ |
EthereumPoW, la chaîne dont on ne parle jamais

C’est pourtant la seule qui ait gardé l’algorithme Ethash tel quel, avec sa récompense de 2 jetons par bloc. Sur le papier, l’héritière la plus directe. Dans les faits, elle mérite d’être regardée de près avant d’y brancher la moindre carte.
Le 13 août 2026, le réseau entier tourne à 1,87 TH/s pour une difficulté de 24,30 T et un bloc toutes les 12,96 secondes. Il émet 13 330 jetons par jour, soit environ 2 700 euros à se partager entre tous les mineurs de la planète. Son jeton s’échange 0,234 dollar pour une capitalisation de 25,3 millions de dollars, le 704e rang du marché, et un volume quotidien de 1,15 million de dollars. Sur le principal pool de la chaîne, 141 comptes se partagent 305 GH/s.
Le code dit la même chose. Le client officiel, une reprise de go-ethereum, a publié sa dernière version le 15 septembre 2022, jour de la fusion, et son dépôt n’a plus reçu la moindre modification depuis le 2 décembre 2022. Zéro contribution sur les quatre dernières semaines. La chaîne produit toujours des blocs, elle n’est plus entretenue.
EthereumPoW paie 3,5 fois plus par mégahash qu’Ethereum Classic, et ça n’a rien d’une bonne nouvelle. Une chaîne partage son émission entre les présents ; il n’y a presque personne. Le revenu par MH/s monte parce que le désert est vaste. Ajoutez que 1,15 million de dollars de volume quotidien s’épuisent vite : vendre quelques milliers de jetons fait bouger le cours contre vous.
Le DAG d’EthereumPoW, lui, pèse 7,47 Gio à l’époque 828. Une carte de 8 Go n’a donc plus qu’une demi-gibioctet de marge, que le pilote mange en partie : les 6 Go sont sorties du jeu depuis longtemps sur cette chaîne, et les 8 Go décrochent maintenant, pas dans un an.
Les logiciels que les tutoriels vous font encore télécharger
Beaucoup de modes d’emploi français donnent encore une ligne de commande à recopier pour lancer ethminer. Ce dépôt a été archivé le 24 avril 2022, quatre mois et demi avant la fusion : en lecture seule, sans correctif, sans support des cartes sorties depuis. Les autres noms qui circulent se portent à peine mieux, et chacun s’est arrêté à une date précise :
ethminer : dépôt archivé le 24 avril 2022 ;
T-Rex : dernière version 0.26.8, publiée le 14 octobre 2022 ;
NBMiner : dernière version 42.3, le 2 septembre 2022 ;
GMiner : dernière version 3.44, le 6 mars 2024 ;
TeamRedMiner : dernière version 0.10.21, le 6 mai 2024 ;
lolMiner : dernière version 1.98a, le 21 septembre 2025.
Un logiciel figé n’est pas forcément inutilisable. Simplement, il ne connaît ni les cartes ni les pools apparus après sa dernière compilation, et personne ne corrigera le bogue que vous rencontrerez un soir de janvier. Nous tenons l’inventaire complet de ces programmes qu’on présente encore comme vivants, avec leur date d’arrêt.
Le staking, et pourquoi ça ne s’appelle pas miner
C’est le remplacement qu’on propose partout, souvent sous le mot « miner », et c’est trompeur. Un validateur ne calcule rien. Il dépose des jetons en garantie, propose et atteste des blocs, et se fait payer pour rester en ligne et honnête. Pas de matériel à acheter, pas de courant à payer, aucun concurrent à distancer.
Les conditions d’entrée sont nettes. Un validateur exige 32 ETH, soit 52 330 euros au cours du 13 août 2026. Le rendement annuel s’établit à 2,6 % ce même jour, ce qui donne environ 1 360 euros par an sur cette somme immobilisée. Le réseau compte 898 313 validateurs pour 41,9 millions d’ETH déposés, c’est-à-dire 34,37 % de tout ce qui existe. Chaque validateur supplémentaire dilue les autres, et le rendement s’érode à mesure que la file grossit.
Il y a aussi une file d’attente. Au 13 août 2026, 2 287 133 ETH patientent pour entrer, soit environ 39 jours et 17 heures avant que votre dépôt commence à travailler. La sortie, elle, va vite : 3 569 ETH en file, une heure et demie. Le déséquilibre se lit tout seul.
Le risque existe aussi. Une double signature entraîne une pénalité prélevée sur le dépôt, ce que le protocole appelle le slashing, et une double signature s’obtient très bien par accident, en lançant deux fois le même jeu de clés sur deux machines. Rester hors ligne ne déclenche pas cette sanction, mais grignote lentement le solde. Le plafond par validateur a été porté à 2 048 ETH, ce qui permet de tout regrouper sur une seule clé au lieu d’en multiplier.
Un mineur achète du matériel et vend du calcul ; un déposant immobilise du capital et suit le cours. Un mineur qui gagne 30 % sur sa machine a fait un bon achat. Un déposant qui gagne 2,6 % pendant que l’ETH perd 40 % a perdu de l’argent. Ces deux métiers n’ont pas grand-chose en commun, et le fisc les sépare aussi : nous détaillons le régime français des revenus de minage, en BNC et imposés à la réception.
En dessous de 32 ETH, il faut passer par un tiers, plateforme d’échange ou service de dépôt mutualisé. Vous échangez alors le risque technique contre un risque de contrepartie, et vous cédez une part du rendement au passage. Les 3 % affichés par certaines plateformes sont leur tarif commercial, pas ce que verse le protocole.
Reconnaître en trente secondes un site qui vend encore du minage d’Ethereum

Depuis le bloc 15 537 394, la chaîne Ethereum n’émet plus rien vers des mineurs. Un service qui vous promet de l’ETH miné le prend donc quelque part, et ce quelque part, c’est le dépôt du client suivant. Demandez-vous d’où sort l’argent avant de regarder le rendement affiché. Cinq signaux suffisent à trancher :
la page parle d’« Ethereum 2.0 », d’un « passage progressif » ou d’un « fonctionnement hybride PoW/PoS » ;
elle nomme ethminer, T-Rex, TeamRedMiner ou PhoenixMiner au présent, comme des outils qu’on installe aujourd’hui ;
elle donne une adresse de pool ETH, un port stratum ou un tutoriel d’inscription sur un pool Ethereum ;
elle affiche un pourcentage quotidien garanti sur un dépôt, sans qu’aucune machine soit rattachée à votre compte ;
elle vient d’une application mobile qui prétend miner de l’ETH sur un téléphone.
Le cinquième mérite deux mots. Un téléphone travaille avec quelques watts et quelques gigaoctets de mémoire partagée, quand le DAG d’Ethash dépassait déjà cinq gigaoctets à l’arrêt du minage. Ces applications affichent un compteur qui monte et ne calculent strictement rien.
L’historique du secteur donne la mesure du risque. MinerGate a fermé, ses remboursements clos au 1er février 2024. StormGain a fermé le 13 janvier 2025. HashFlare, longtemps citée comme une référence, a été jugée pour une fraude de 577 millions de dollars visant 440 000 investisseurs, avec des plaidoyers de culpabilité en février 2025. Nous avons trié les offres qui tiennent debout de celles qui ne tiennent plus dans notre revue des plateformes de cloud mining et des noms à fuir.
Ce qu’il reste à faire de votre matériel
Vendre pendant qu’il reste un acheteur
Une carte de minage garde de la valeur pour le jeu et pour la création, deux usages qui se moquent de la bande passante mémoire et regardent d’autres lignes de la fiche technique. Le classement change donc du tout au tout : la carte qui minait le mieux se revend rarement le mieux. Une carte ayant tourné à plein régime pendant deux ans se vend en le disant, ventilateurs remplacés si besoin, et elle part quand même.
Rebrancher sur une chaîne qui résiste encore aux machines dédiées
Il en reste deux qui tiennent : Ravencoin sur KawPow et Ergo sur Autolykos2. Le tableau plus haut donne le verdict pour une RTX 3080, soit 0,25 euro de revenu contre 1,34 euro d’électricité sur la première, et 0,16 contre 0,86 sur la seconde. Méfiez-vous des listes qui vous orientent vers Kaspa, Alephium ou Flux comme terrains de carte graphique. Les deux premiers sont tenus par des machines dédiées depuis des années, et l’écart d’efficacité y dépasse le facteur cent. Flux, lui, a purement et simplement supprimé le minage : le 20 octobre 2025, au bloc 2 020 000, le fork « Proof of Useful Work v2 » a confié la production des blocs aux nœuds Cumulus, Nimbus et Stratus, et les pools ont fermé à 19 h UTC ce jour-là. Le jeton s’y gagne désormais en tenant un nœud avec du collatéral bloqué, ce qui ne demande pas une seule carte graphique. Le catalogue à jour de ce qui se mine encore, et avec quoi, tient dans notre page sur les monnaies encore minables et le matériel qui les tient.
Le seul cas où l’addition tombe juste
Regardez le tableau à l’envers. Sur Ravencoin, une RTX 3080 produit 0,25 euro par jour et consomme 6,7 kWh : elle atteint l’équilibre à 0,037 euro le kilowattheure. Sur Ergo, 0,16 euro pour 4,3 kWh, soit 0,038 euro. Aucun contrat français ne descend là. Reste deux configurations qui fonctionnent : celle où le courant ne vous coûte rien, un surplus photovoltaïque qui partirait autrement sur le réseau, et celle où la chaleur produite remplace un chauffage que vous auriez payé de toute façon. Dans le second cas, ce n’est plus le minage qui paie, c’est le chauffage qu’il évite.
Le reste du rig, lui, ne se jette pas. Le châssis, l’alimentation et les risers servent à autre chose, et une bonne alimentation vaut mieux que sa valeur de revente. Un rappel qui a coûté des cartes à beaucoup de monde : un riser s’alimente en PCIe et jamais en SATA, parce qu’un connecteur SATA autorise 54 W quand un emplacement PCIe en laisse passer 75. Nous détaillons ce que devient un rig de minage aujourd’hui, pièce par pièce.
Et si l’envie de miner, elle, ne passe pas
Elle a une seule adresse sérieuse, le SHA-256 de Bitcoin sur machine dédiée, et elle demande de regarder la facture avant le catalogue. Prenons une machine récente, un Antminer S21 Pro : 234 TH/s pour 3 510 W, soit 15 J/TH. Au prix du hashrate relevé le 10 août 2026, elle produit environ 7,40 dollars par jour et consomme 84,2 kWh. Au tarif réglementé résidentiel de 0,2001 euro le kilowattheure, ça donne 16,86 euros de facture pour 6,40 euros de recette.
Le seuil se calcule sans mystère : une machine à 15 J/TH atteint l’équilibre autour de 0,076 euro le kilowattheure. Aucun tarif domestique français n’y descend, heures creuses comprises. Le tarif bleu professionnel s’établit à 0,1949 euro TTC au 1er août 2026, et il ne s’ouvre qu’aux entreprises de moins de dix salariés réalisant moins de deux millions d’euros de chiffre d’affaires. Le minage à domicile en France se joue donc sur un contrat négocié, sur une production électrique que vous ne revendez pas, ou pas du tout. Ce que consomme une installation, la chaleur qu’elle dégage et ce que la loi en dit tiennent dans notre page sur la consommation électrique du minage.
Ajoutez la fiscalité, que beaucoup découvrent trop tard. En France, les jetons obtenus par minage relèvent des bénéfices non commerciaux, article 92 du code général des impôts, et l’impôt se déclenche à la réception, sur leur valeur du jour, pas à la revente. Recevoir ses jetons au sommet et les vendre au creux revient à payer l’impôt sur le sommet.
Le principe qui fait tourner tout ça, la double dépense et l’attaque des 51 %, est expliqué dans notre page sur ce à quoi sert réellement le minage. L’Ethereum, lui, a quitté cette famille pour de bon un jeudi matin de septembre 2022, à 6 h 42 min 42 s.