Logiciel de minage automatique : les quatre sens du mot, et le prix de chacun
Quatre logiciels peuvent se dire « automatiques » sans faire la même chose. Le premier change de monnaie dès qu’une autre paie mieux. Le deuxième cherche, puce par puce, la tension la plus basse qui tienne la fréquence demandée. Le troisième devine votre matériel et démarre sans qu’on écrive un fichier de configuration. Le quatrième ne mine rien : il loue votre machine à un acheteur qui décide à votre place de ce qu’elle calcule.
Celui qui tape « logiciel de minage automatique » veut savoir combien ça rapporte. La réponse dépend entièrement duquel des quatre il s’agit, et aucun des quatre ne se paie de la même façon. L’un prend un pourcentage de la production, l’autre un abonnement forfaitaire, le troisième ne prend rien et vous fait perdre de l’argent ailleurs. Cette page les sépare, met un prix sur chacun, et convertit ce prix en euros par an sur une machine dont le hashrate et la consommation sont connus.
Elle ne classe pas les mineurs : le comparatif des logiciels par gain net s’en charge. Elle ne liste pas non plus les binaires disponibles par algorithme, qui vivent dans le catalogue rangé par algorithme et par matériel. Une seule question ici : l’automatisme, ça coûte combien, et dans quel cas ça se rembourse.
Les quatre sens du mot, et celui qui n’est pas du minage
Ce que prélève le logiciel, converti en euros par an
Comment une bascule décide, et ce qu’elle perd en route
Le réglage des fréquences, seul automatisme qui touche la facture
Ce qu’aucun logiciel ne peut faire
Le prix du kilowattheure, qui tranche avant le logiciel
Convertir une puissance en revenu, à la main
Le seuil de retrait et les quatre étages de « gratuit »
Les deux cas où l’automatisme se rembourse, et celui où rien ne le sauve
Quatre choses portent le même nom
Le mot ne recouvre pas une fonction. Il en recouvre quatre, et elles ne se paient pas au même tarif.
La bascule d’algorithme selon la rentabilité
Le logiciel interroge des sources de rentabilité, compare ce que rapporterait chaque algorithme sur votre matériel, et redirige la puissance vers celui qui sort en tête. C’est le sens le plus répandu du mot, et c’est le seul qui suppose une décision continue. Awesome Miner appelle cela le profit switching et le pilote avec deux réglages : un intervalle de commutation, exprimé en minutes entre deux calculs, et un seuil de gain en dessous duquel il ne bouge pas. La documentation de l’éditeur donne 5 % en exemple : il faut qu’un autre algorithme soit au moins 5 % plus rentable pour que la bascule se déclenche.
Kryptex fait la même chose côté application grand public : le programme détecte le matériel, choisit l’algorithme le plus rentable et change de monnaie en cours de route. Chez minerstat, deux chemins cohabitent : la rentabilité se calcule à partir de la récompense de bloc, de la difficulté courante et du cours, ou bien elle reprend ce que déclarent les pools multi-algorithmes, rafraîchi toutes les dix minutes. L’utilisateur y règle un écart minimal et une durée minimale de minage.
Le réglage automatique des fréquences
Rien à voir avec le précédent. Ici le logiciel ne change pas de monnaie, il change les tensions et les fréquences du matériel pour produire le même hashrate avec moins de watts. Braiins OS+ teste chaque puce d’une carte de hachage séparément, parce que deux puces issues du même wafer ne tiennent pas la même fréquence, et ajuste par pas de 5, 10, 15 ou 20 MHz sur des centaines de puces par machine. L’opération prend de deux à huit heures, parfois plus.
VNish procède de la même façon au premier démarrage, sur trois à quatre heures, sans redémarrage intermédiaire. LuxOS propose deux approches. La première pose une consigne en watts, et la fréquence comme la tension s’ajustent en continu pour la tenir malgré la température ambiante. La seconde part d’un profil tension-fréquence prédéfini, dont l’AutoTuner cherche ensuite la tension minimale.
L’installateur qui devine le matériel
Le troisième sens ne pilote rien. Il évite d’écrire un fichier de configuration et de choisir un binaire. Le programme reconnaît la carte, applique un profil tout fait, se connecte à un pool déjà renseigné, et le voyant passe au vert. QuickMiner, chez NiceHash, appartient à cette catégorie et embarque OCtune, dont la base de profils couvre 57 cartes en DaggerHashimoto et ETCHash, 38 en Autolykos et 36 en KawPow, avec sept niveaux nommés, de Lite à Extreme, dont deux tournés vers la consommation, Efficient et EfficientLow.
Le revers se mesure : la carte la plus récente de cette base de profils est une GeForce RTX 4090, la plus récente côté AMD une Radeon RX 6950 XT. Une carte plus récente démarre. Elle tourne sans profil taillé pour elle. Les huit vérifications à faire avant d’installer un mineur traitent ce point de compatibilité dans le détail.
La vente de puissance, qui n’est pas du minage
Le quatrième cas se présente sous le même vocabulaire et fonctionne autrement. Vous branchez la machine, un acheteur loue sa puissance, et c’est lui qui décide de l’algorithme et du pool. Vous êtes payé au prix du marché de location, pas au rendement du réseau. Le vendeur y laisse 2 % de ses gains. L’acheteur, lui, paie 3 % de sa dépense plus un forfait par ordre.
Le mot juste ici est location de matériel. La distinction compte parce que le revenu ne suit plus la même loi : il suit un carnet d’ordres. Elle compte aussi parce qu’elle se confond facilement avec l’achat de puissance chez un tiers, sujet traité dans la page consacrée aux plateformes de cloud mining.
Ce que prélève le logiciel, en euros par an
Un pourcentage ne dit rien tant qu’on ne l’a pas posé sur une machine. Un Antminer S21 Pro produit 234 TH/s pour 3 510 W, soit 15 J/TH. Au hashprice relevé le 10 août 2026, 31,73 $ par PH/s et par jour, il rapporte 7,42 $ par jour, soit 6,44 € au change du 13 août. Année pleine : 2 350 € de production brute. C’est sur cette assiette que tombent les prélèvements.
Ce qui prélève | Taux ou tarif relevé | Sur un S21 Pro, par an |
|---|---|---|
Braiins OS+ | 2 à 2,5 % du hashrate, selon le modèle de machine | 47 à 59 € |
VNish | 1,8 à 2,8 % du hashrate, selon le schéma d’affiliation | 42 à 66 € |
LuxOS | 2,8 % | 66 € |
Place de marché de puissance | 2 % côté vendeur | 47 € |
Hive OS, ASIC | 2 $ par machine et par mois | 21 € |
Awesome Miner | 2 $ par machine et par mois, remise de 25 % en annuel | 16 à 21 € |
La colonne de droite se lit vite. À cette taille de machine, un prélèvement en pourcentage coûte deux à quatre fois un abonnement forfaitaire. Le point de croisement se calcule. Un abonnement à 2 $ par machine et par mois revient à 21 € l’an ; 2,5 % de la production valent 21 € quand la production annuelle atteint 832 €, ce qui correspond à 83 TH/s. Avec la remise annuelle, le croisement descend vers 62 TH/s. Au-delà, l’abonnement est moins cher. Le S21 Pro, à 234 TH/s, se situe presque trois fois au-dessus du croisement le plus haut.
Le prélèvement de développeur d’un firmware ne se paie pas en euros : la machine redirige la part convenue de son hashrate vers le pool de l’éditeur pendant quelques minutes par heure. L’argent ne se voit pas partir. Le pool affiche simplement un hashrate un peu plus bas. Et quand un éditeur annonce des frais ristournés, regardez lesquels : LuxOS prélève 2,8 % sur le firmware et applique 0 % de commission sur son propre pool. Ce sont deux lignes distinctes, et c’est la seconde qui est offerte.
Hive OS facture différemment selon le matériel : deux workers gratuits sans restriction, puis 0,50 $ par carte et par mois pour un rig graphique, plafonné à 3 $ dès six cartes, 2 $ par ASIC, et rien du tout sous son propre firmware. Les remises de volume démarrent à 10 % pour cinquante workers et vont jusqu’à la moitié du tarif au-delà de mille. Un parc change donc de logique de coût en grandissant, et la supervision qui va avec est décrite dans la page sur le pilotage d’un parc, watchdog et nommage des workers.

Comment une bascule décide, et ce qu’elle perd en route
Le mécanisme se résume à une boucle. Toutes les n minutes, le logiciel récupère les rentabilités estimées, les classe, compare la tête du classement à ce qui tourne, et décide. Chez minerstat, les chiffres remontés par les pools multi-algorithmes sont rafraîchis toutes les dix minutes. Chez Awesome Miner, l’intervalle est un réglage libre, exprimé en minutes.
Une bascule n’est pas gratuite. Le mineur s’arrête, se relance sur un autre algorithme, se reconnecte à un autre pool. Pendant ce temps, la machine ne produit rien. Si un changement coûte une minute d’arrêt, il coûte 1/1 440 de la journée, soit 0,07 %. Dix changements dans la journée coûtent 0,7 % de la production. Le seuil de déclenchement sert à couvrir cette perte-là. Un logiciel qui bascule dès 0,5 % d’écart travaille à perte, et il le fait avec application.
Il y a un second coût, moins visible. Le mode de paiement du pool complique l’affaire. En PPLNS, la rémunération se calcule sur les dernières parts soumises, pas sur toutes celles que la machine a produites : partir tôt et revenir plus tard n’est donc pas neutre. Le réglage « durée minimale de minage » de minerstat sert à cela. Il interdit au commutateur de repartir avant un délai, même si le classement a changé. Ce paramètre-là pèse directement sur l’intérêt d’une bascule, et le fonctionnement des pools, leurs frais et leurs modes de paiement mérite d’être compris avant d’activer quoi que ce soit.
Reste la volatilité. Un classement de rentabilité bouge avec le cours et avec la difficulté, et il bouge plus vite qu’une boucle de dix minutes. Il court derrière une information déjà périmée au moment où il l’applique. Quand le marché dort, l’écart reste négligeable. Une journée agitée renverse le tableau : la bascule arrive après le pic, repart après la chute, achète haut et vend bas. Un seuil de gain élevé et une durée minimale longue limitent le dégât, quitte à laisser passer des occasions réelles.
Trois mécanismes voisins circulent sous des noms proches. Basculer d’un algorithme à l’autre n’est ni miner deux monnaies en même temps sur la même carte, ni miner deux chaînes avec le même travail de hachage. Le merged mining, le dual mining et le profit switching sont trois choses différentes, et les confondre fausse tout calcul de rendement.
Le réglage des fréquences, seul automatisme qui touche la facture
C’est le sens du mot dont on parle le moins et c’est celui qui rapporte. La raison tient en une ligne : la bascule d’algorithme agit sur le numérateur, le revenu, qui dépend d’un marché ; le réglage des fréquences agit sur le dénominateur, la consommation, qui dépend de vous.
Le gain dépend du modèle, et il dépend aussi de la machine qu’on a tirée au sort : deux exemplaires du même modèle, réglés à l’identique, s’écartent de 5 % à plus de 15 % en joules par térahash. Braiins publie ses relevés modèle par modèle. Pour un S21 Pro à la limite de puissance d’origine, l’éditeur donne 14,2 J/TH contre 15,0 en firmware constructeur. Appliquons ce chiffre à hashrate constant. Les 234 TH/s réclament alors 3 323 W au lieu de 3 510, soit 4,49 kWh économisés chaque jour. Au tarif réglementé de 0,1985 €/kWh applicable de 9 à 36 kVA, cela fait 0,89 € par jour, 325 € par an.
Reprenez la ligne du tableau plus haut. Le prélèvement coûte 47 à 59 € l’an. L’économie d’électricité vaut cinq à sept fois le prélèvement qui la finance. Aucun autre automatisme n’affiche ce rapport. Sur une ferme SHA-256, c’est même le seul qui change quelque chose, puisque la commutation de rentabilité n’y a rien à commuter.
Le même calcul refroidit dans la foulée. Une division donne le seuil de rentabilité d’une machine : seuil en euros par kilowattheure égale 1,146 divisé par l’efficacité en joules par térahash. À 15 J/TH, le S21 Pro passe à l’équilibre à 7,64 centimes le kilowattheure. Réglé à 14,2, il passe à l’équilibre à 8,07 centimes. Le tarif résidentiel français est à 20,01 centimes. Le meilleur réglage automatique du monde ne comble pas cet écart-là.
Ce qu’un logiciel automatique ne peut pas faire
Sur SHA-256, le rendement d’un térahash est fixé par le hashrate du réseau et par le cours du bitcoin. Aucun logiciel n’y touche.
Le réseau verse 450 bitcoins de subvention par jour, récompense de bloc de 3,125 BTC multipliée par 144 blocs, et il y ajoute les frais payés par les utilisateurs, environ trois bitcoins de plus au rythme actuel. Il tourne autour de 911 EH/s en moyenne sur sept jours. Divisez : chaque térahash par seconde reçoit 49,4 satoshis de subvention par jour, et c’est vrai pour tout le monde en même temps. Le hashprice relevé le même jour, 31,73 $ par PH/s, donne 0,0317 $ par térahash, soit 50,0 satoshis au cours du moment, subvention et frais réunis. Les deux chemins tombent l’un sur l’autre à moins de 1 % près. Ils décrivent la même quantité.
Un logiciel peut faire trois choses, et pas une de plus : réduire les watts qu’il faut pour produire ce térahash, rogner les frais prélevés dessus, éviter les arrêts. Il ne peut pas augmenter la part du réseau qui vous revient. Toute offre qui promet plus de 50 satoshis par térahash et par jour, sans matériel rattaché à votre compte, verse l’argent de quelqu’un d’autre.
Deuxième limite, plus prosaïque. Une machine dédiée à un algorithme unique n’a rien à basculer. La documentation d’Awesome Miner le dit sans détour : définir plusieurs profils de commutation n’a en général pas d’intérêt pour un Antminer, qui ne gère qu’un seul algorithme. Sur ce matériel, le commutateur ne change plus d’algorithme, il change l’ordre de priorité des pools déjà déclarés, et rien d’autre. Payer un abonnement pour cette fonction sur une ferme SHA-256 revient à acheter une boîte de vitesses pour un vélo à une seule roue dentée.
Le prix du kilowattheure tranche avant le logiciel
Les prélèvements du logiciel pèsent quelques dizaines d’euros par an. La ligne qui suit en pèse quelques milliers.
Au 1er août 2026, le tarif réglementé bleu résidentiel en option base est à 0,2001 €/kWh toutes taxes comprises pour 3 et 6 kVA, et 0,1985 €/kWh de 9 à 36 kVA. Côté professionnel, le tarif bleu est à 0,1949 €/kWh TTC, et il ne s’ouvre qu’aux entreprises de moins de dix salariés réalisant moins de 2 M€ de chiffre d’affaires. Le même S21 Pro, relu avec ces valeurs :
Poste | Antminer S21 Pro, 234 TH/s, 3 510 W |
|---|---|
Production brute | 6,44 € par jour, 2 350 € par an |
Consommation | 84,24 kWh par jour, 30 748 kWh par an |
Électricité à 0,1985 €/kWh | 16,72 € par jour, 6 103 € par an |
Résultat | − 10,28 € par jour, − 3 753 € par an |
Seuil d’équilibre | 0,0764 €/kWh |
Le logiciel, quel qu’il soit, joue sur 59 € dans un tableau qui perd 3 753 €. Ce rapport ne s’inverse jamais par un réglage. Il s’inverse par un tarif d’électricité inférieur à huit centimes, ce qui suppose autre chose qu’un abonnement domestique. Un branchement résidentiel dépasse d’ailleurs rarement 12 kVA, et un circuit de 16 A en 230 V tient 3 680 W en pointe, moins en continu. Deux machines de cette classe ne tiennent pas sur la même ligne.
Le calendrier compte aussi, et il ne fait pas la même chose à tous les compteurs. De 9 à 15 kVA, l’option base n’est plus proposée à la souscription depuis le 1er février 2025 : qui l’a déjà la garde, qui arrive ne l’aura pas. De 18 à 36 kVA, elle disparaît pour de bon, et les abonnés basculent d’office en heures pleines et heures creuses le 1er février 2027. Les heures creuses sont à 0,1589 €/kWh, ce qui reste au double du seuil calculé plus haut.
Convertir une puissance en revenu, à la main
Le mot « automatique » attire deux questions de rendement, toujours les mêmes, et les deux se règlent avec une calculatrice.
Combien de puissance pour 100 € par jour
100 € valent 115,34 $ au change du jour. Divisés par 0,03173 $ par térahash et par jour, ils demandent 3 635 TH/s. En Antminer S21 Pro, cela fait seize machines. Elles totalisent 3 744 TH/s et produisent 103 € par jour de bitcoin.
Ces seize machines tirent 56,2 kW en continu, soit 1 348 kWh par jour. À 0,1985 €/kWh, l’électricité coûte 267,55 € par jour. Le résultat net tombe à − 164,55 € par jour, soit 60 000 € de perte sur l’année. Le calcul n’a pas de variante heureuse. La question « comment gagner 100 € par jour » a une réponse chiffrée en France. Elle est négative.
Quelle puissance pour un bitcoin
Un bitcoin vaut 100 millions de satoshis. À 49,4 satoshis par térahash et par jour, il faut 2 024 291 térahash-jours. Étalé sur une année, cela donne 5 546 TH/s tenus en continu, soit vingt-quatre S21 Pro.
Ces vingt-quatre machines consomment 84,24 kW, soit 738 MWh sur l’année. À 0,1985 €/kWh, la facture atteint 146 480 €. Le bitcoin produit en vaut 54 947 € au cours du 13 août 2026. L’électricité coûte 2,7 fois le bitcoin qu’elle sert à produire, et le halving du printemps 2028 coupera la recette en deux sans toucher à la consommation.
Sur une place de marché de location, le prix d’achat du hachage SHA-256 affichait 0,6767 BTC par exahash et par jour le 13 août 2026, soit 67,7 satoshis par térahash : 37 % au-dessus du rendement du réseau. L’écart est réel, et il s’explique. La profondeur totale de ce marché atteignait 1 212 TH/s, c’est-à-dire cinq S21 Pro. Un acheteur pressé y paie une prime. Elle disparaît dès qu’on apporte du volume. Un prix d’ordre sur un marché large de cinq machines n’est pas un rendement.
Le seuil de retrait et les quatre étages de « gratuit »
Un logiciel gratuit peut coûter cher, et il faut compter quatre étages, pas un.
Le premier étage est le binaire lui-même, qui se télécharge sans rien payer. Le deuxième est le prélèvement de développeur, entre 1,8 et 2,8 % de la production selon les firmwares cités plus haut, invisible parce qu’il est prélevé en hashrate. Le troisième est la commission du pool, qui s’ajoute et se lit ailleurs. Le quatrième est celui que personne ne regarde en s’inscrivant : le retrait.
Kryptex paie à partir de 0,00025 BTC, soit 25 000 satoshis ou 13,74 €, et facture le retrait en bitcoin 0,00003 BTC. Retirez le montant minimal, et ces frais emportent 12 % de la somme. Chez un opérateur de place de marché, le seuil de retrait vers une adresse externe monte à 0,001 BTC, soit 100 000 satoshis ou 54,95 €, pour les mêmes 0,00003 BTC de frais : 3 % cette fois. Les deux plateformes proposent un canal Lightning aux conditions différentes, l’une sans frais dès 0,0000001 BTC, l’autre à 2 % dès 0,00001 BTC.
Le seuil décide surtout du temps d’attente, et c’est là que la petite configuration se fait mal. Une Radeon RX 9070 XT réglée pour l’efficacité en Autolykos2 produit 0,07 $ par jour, soit 110 satoshis. À ce rythme, les 25 000 satoshis du seuil s’atteignent en 226 jours ; les 100 000 de l’autre plateforme, en 905 jours. Sur ces 226 premiers jours, la carte aura consommé 156 € d’électricité pour 13,70 € de production. La distinction entre logiciel gratuit et minage gratuit est traitée en détail dans la page qui sépare les deux sens du mot gratuit.
Une machine plus grosse renverse le calendrier sans renverser l’économie. Le S21 Pro produit 11 560 satoshis par jour : il franchit le premier seuil en deux jours, le second en neuf. Le compte se débloque. La facture d’électricité ne bouge pas.
Quand l’automatique gagne, quand il perd
Une carte graphique polyvalente sur un marché à plusieurs algorithmes est le terrain naturel de la bascule. La carte sait calculer KawPow, Autolykos2 et quelques autres, les rentabilités relatives varient d’un jour à l’autre, et l’écart entre le premier et le deuxième du classement dépasse régulièrement le seuil de déclenchement. Là, un commutateur bien réglé capte quelques points de production que le réglage fixe laisse sur la table. Encore faut-il que le matériel figure dans la base de profils du logiciel, ce qui n’est plus acquis pour les cartes récentes.
Une machine dédiée à un algorithme unique est le cas inverse, et c’est le plus fréquent chez ceux qui achètent du matériel de minage aujourd’hui. Elle ne bascule rien. Sur cette machine, seuls comptent le réglage des fréquences, la stabilité et le tarif d’électricité. Le budget qui irait à un abonnement de commutation est mieux placé dans un firmware qui fait descendre les joules par térahash, dans une ligne électrique correcte, ou nulle part.
Reste un troisième cas, qui n’est pas une décision de logiciel. Quand une machine perd de l’argent à chaque heure de fonctionnement, aucun automatisme ne la sauve : la bascule arbitre entre deux pertes, le réglage des fréquences en rogne 6 %, et le calcul reste négatif. L’ordre des priorités est l’inverse de celui qu’on suit en cherchant un logiciel. Le tarif d’abord, l’efficacité de la machine ensuite, le logiciel en dernier.
Questions fréquentes
Un logiciel automatique augmente-t-il le rendement d’un ASIC bitcoin ?
Pas par la commutation, qui n’a rien à commuter sur une machine mono-algorithme. Par le réglage des fréquences, oui : Braiins publie 14,2 joules par térahash contre 15,0 d’origine sur un S21 Pro, ce qui vaut 325 € par an au tarif réglementé. La production brute en bitcoin, elle, ne bouge pas.
Quel est le vrai coût d’un logiciel « gratuit » ?
De 1,8 à 2,8 % de la production pour les firmwares qui prélèvent en hashrate, plus la commission du pool, plus les frais de retrait. Un retrait au montant minimal en laisse 12 % au passage, chez un service qui paie à partir de 25 000 satoshis.
Faut-il préférer un abonnement ou un pourcentage ?
Le pourcentage suit la production, l’abonnement ne bouge pas. Le croisement se situe entre 62 et 83 TH/s, suivant la formule d’abonnement : en dessous, le pourcentage coûte moins ; au-dessus, le forfait. Un S21 Pro, à 234 TH/s, est presque trois fois au-dessus du second.
Combien de temps faut-il pour atteindre un seuil de retrait ?
Divisez le seuil par la production quotidienne en satoshis. Une carte graphique qui produit 110 satoshis par jour met 226 jours pour atteindre 25 000 satoshis, et deux ans et demi pour en atteindre 100 000.
Le minage automatique est-il rentable en France ?
Au tarif réglementé, un Antminer S21 Pro passe à l’équilibre à 7,64 centimes le kilowattheure, contre 19,85 à 20,01 centimes facturés. Le logiciel joue sur quelques dizaines d’euros par an, l’électricité sur plusieurs milliers. La réponse se décide sur le contrat d’électricité, pas sur le choix du programme.