Comment miner du bitcoin : la procédure et le calcul en euros
Le calcul qui décide, et il tient en une ligne

Au 10 août 2026, un térahash par seconde vendu au réseau Bitcoin pendant vingt-quatre heures rapporte 0,03173 dollar. Le dollar valait 0,867 euro le 13 août. Le même térahash rapporte donc 2,751 centimes d’euro par jour, et cette recette ne dépend ni de votre matériel, ni de votre pool, ni de votre talent.
La dépense, elle, tient à un seul chiffre de la fiche technique : l’efficacité, en joules par térahash. Une machine à 11 J/TH tire 11 watts pour chaque térahash par seconde qu’elle produit, soit 0,264 kilowattheure sur une journée. Le reste est une multiplication.
La formule, à refaire le jour où le cours bouge :
seuil en €/kWh = recette quotidienne par TH/s ÷ (efficacité en J/TH × 0,024)
Avec 0,02751 € de recette, le seuil vaut 1,146 divisé par l’efficacité de la machine. Renversez-la et vous obtenez l’efficacité qu’il faudrait atteindre pour un prix du kilowattheure donné.
Une machine de 3,5 kW oblige à souscrire au moins 9 kVA, et c’est à cette puissance qu’il faut prendre le tarif. Au 1er août 2026, le tarif réglementé y vaut 0,1985 € le kilowattheure en option base, et 0,1589 € en heures creuses. Il faudrait donc 5,77 J/TH pour rentrer dans ses frais en base, et 7,21 J/TH en heures creuses. Les 0,2001 € du barème valent pour 3 et 6 kVA, une puissance sous laquelle la machine ne rentre pas.
La machine la plus efficace qu’on puisse acheter aujourd’hui est un Antminer S23 Hyd, 1 160 TH/s pour 11 020 watts, soit 9,5 J/TH. Elle refroidit à l’eau, elle réclame du 380-415 volts triphasé et une boucle fermée avec son échangeur. Aucune ligne domestique ne la démarre. La meilleure machine à air, le S23, plafonne à 11 J/TH.
Donc non. Aucune machine en vente ne rentre dans ses frais chez un particulier français, ni en base, ni en heures creuses. L’écart ne se rattrape pas avec un réglage : il est du simple au double.
Trois situations renversent quand même ce résultat, et elles arrivent plus loin. D’ici là, la procédure se déroule en entier, parce que la moitié des erreurs qui coûtent cher se commettent avant le premier branchement, sur des décisions qui n’ont rien à voir avec la machine. Si le principe du hachage vous manque, le fonctionnement du minage est repris ailleurs ; ici on part du moment où vous décidez d’acheter.
Ce que chaque machine réclame comme prix du kilowattheure
Une ligne, une machine, à la puissance nominale annoncée par son constructeur, avec la recette du 10 août 2026. La dernière colonne est un prix d’entrée : au-dessus, la machine consomme plus qu’elle ne produit.
Machine | Hashrate | Consommation | Efficacité | Recette brute/jour | Seuil €/kWh |
|---|---|---|---|---|---|
Antminer S23 Hyd 3U | 1 160 TH/s | 11 020 W | 9,5 J/TH | 31,91 € | 0,121 |
Antminer S23 | 318 TH/s | 3 498 W | 11 J/TH | 8,75 € | 0,104 |
Antminer S21 XP Hydro | 473 TH/s | 5 676 W | 12 J/TH | 13,01 € | 0,096 |
Antminer S21 XP | 270 TH/s | 3 645 W | 13,5 J/TH | 7,43 € | 0,085 |
Antminer S21 Pro | 234 TH/s | 3 510 W | 15 J/TH | 6,44 € | 0,076 |
Whatsminer M60S | 188 TH/s | 3 478 W | 18,5 J/TH | 5,17 € | 0,062 |
Avalon A1566 | 185 TH/s | 3 420 W | 18,5 J/TH | 5,09 € | 0,062 |
Le tarif de base à 9 kVA est à 0,1985 €. Aucune ligne n’en approche, et la plus proche demande encore un kilowattheure à moitié prix.
Le tarif bleu professionnel ne sauve rien : 0,1949 € toutes taxes comprises au 1er août 2026, soit un seuil à 5,88 J/TH. Il se réserve d’ailleurs aux entreprises de moins de dix salariés et de moins de deux millions d’euros de chiffre d’affaires. Et comme le minage est hors du champ de la TVA, il n’ouvre aucun droit à déduction sur l’achat de la machine, ce qui ferme la dernière porte de sortie comptable. Le régime fiscal du minage se traite à part, avec ses cases et ses seuils.
Étape 1 : l’adresse qui recevra les paiements
Elle se choisit avant d’acheter la machine. Un pool ne détient pas de compte à votre nom au sens bancaire : il verse à une adresse bitcoin que vous collez dans un formulaire, et cette adresse devient la clé de tout le reste.
Changer d’adresse en cours de route n’est pas neutre. Ocean documente ce qui arrive : si vous arrêtez de miner ou si vous basculez sur une nouvelle adresse, le solde accumulé sous le seuil de retrait n’est versé qu’à la discrétion du pool, et seulement au-dessus de 0,00065536 BTC. En clair, une partie de ce que vous avez produit peut rester bloquée pour la seule raison que vous avez déplacé votre portefeuille.
Deux conséquences pratiques. Un portefeuille matériel vaut mieux qu’une adresse de dépôt de plateforme d’échange. La raison est bête : certaines plateformes font tourner leurs adresses de dépôt, et un versement arrivé sur une adresse sortie du carrousel se retrouve dans les limbes. Et l’adresse se teste avec une petite transaction avant d’être collée dans le pool, pas après.
Étape 2 : la machine, et la seule ligne de sa fiche qui compte

Le hashrate est le chiffre qu’on regarde. L’efficacité est celui qui décide. La démonstration tient en deux machines qui consomment la même chose.
Un Antminer S21 Pro tire 3 510 watts et produit 234 TH/s. Un Antminer S23 tire 3 498 watts et produit 318 TH/s. La facture d’électricité est identique à quelques centimes près : 84,2 kilowattheures par jour pour l’un, 84,0 pour l’autre, soit environ 16,7 € au tarif de base à 9 kVA. Mais le premier rapporte 6,44 € brut et le second 8,75 €. Les deux perdent de l’argent. Le second en perd 2,31 € de moins par jour, soit 69 € par mois, pour le même courant tiré au compteur.
C’est pour ça que le prix d’une machine se lit en euros par térahash et pas en euros. Le S23, à ce point de fonctionnement, s’affichait 6 899 dollars au 13 août 2026, soit environ 5 980 €. Le comparatif des ASIC bitcoin modèle par modèle détaille le reste du catalogue.
L’occasion attire pour la même raison qu’elle piège. Une génération S19 se trouve à quelques centaines d’euros, mais son efficacité tourne autour de 30 J/TH, ce qui place son seuil sous 0,04 €/kWh. Elle ne rentre dans ses frais nulle part en France, à aucun tarif, dans aucune configuration. Ce que coûte réellement une S19 à 400 € fait le compte.
Reste le bruit, qui n’apparaît sur aucun tableau de rentabilité et qui règle beaucoup de projets. Un S23 à air souffle 75 décibels, le niveau d’un aspirateur, en continu, jour et nuit. La version refroidie à l’eau est nettement plus discrète, mais elle réclame une boucle d’eau fermée avec son échangeur, et c’est ça qui l’exclut d’un logement, pas sa tension d’entrée.
Étape 3 : le circuit et la puissance souscrite
3 498 watts en continu sur du 230 volts, cela fait 15,2 ampères. Un circuit de 16 ampères tient 3 680 watts en pointe, et nettement moins en régime permanent. La machine réclame donc sa propre ligne, protégée en 20 ampères. Rien d’autre dessus.
Vient ensuite la puissance souscrite, et c’est là que le contrat se retourne. Un abonnement de 6 kVA laisse 2,5 kW pour tout le logement une fois la machine branchée, ce qui ne tient pas dès que le four et la plaque démarrent ensemble. Il faut donc passer à 9 kVA. L’abonnement monte de 190,32 € à 238,56 € par an, soit quatre euros de plus par mois.
Sauf que l’option base ne se souscrit plus au tarif réglementé à partir de 9 kVA : elle est en extinction, les abonnés déjà en place y restent, les nouveaux non. En augmentant la puissance, vous basculez donc en heures pleines et heures creuses, à 0,2142 € et 0,1589 € le kilowattheure. Une machine qui tourne jour et nuit profite de huit heures creuses sur vingt-quatre : la facture quotidienne du S23 passe à 16,44 € contre 16,66 € en base. Vingt-deux centimes. Le contrat qu’on croyait décisif ne l’est pas.
Contrairement à ce qu’on lit souvent, le branchement n’est pas le mur. Un branchement individuel à puissance limitée monte jusqu’à 36 kVA, et le régime de la puissance surveillée, celui qui impose une étude et des délais, ne commence qu’au-delà. Ce qui plafonne à 12 kVA, c’est le monophasé : au-dessus, il faut passer en triphasé, et le triphasé domestique français est en 230/400 volts. Trente-six kilovoltampères tiennent une dizaine de machines. Le mur est donc ailleurs, et il est plus bas : le disjoncteur d’abonné, les 3,5 kW de chaleur à évacuer par machine, et le bruit.
Étape 4 : le pool, ses frais et son seuil de retrait
Un pool mutualise le calcul et lisse la récompense. Le prix de ce lissage s’affiche en pourcentage, et tout le monde le compare. Le seuil de retrait, lui, se regarde beaucoup moins : c’est le montant sous lequel le pool garde votre production au chaud au lieu de vous la verser.
Un S23 à 318 TH/s produit 15 758 satoshis bruts par jour. Chez trois pools ouverts au public, frais déduits, cela donne trois calendriers sans rapport les uns avec les autres.
Pool | Mode de rémunération | Frais | Seuil de retrait | Attente pour un S23 |
|---|---|---|---|---|
Braiins Pool | FPPS | 2,5 % | 0,0002 BTC en chaîne, 1 satoshi en Lightning | 1 à 2 jours |
Ocean | TIDES | 2 %, ramenés à 1 % avec DATUM | 0,01048576 BTC | 68 jours |
F2Pool | FPPS | 4 % | 0,005 BTC | 33 jours |
Deux mois d’écart entre la première ligne et la deuxième, pour la même machine et la même production. Quelqu’un qui branche sa première machine et qui attend de voir arriver quelque chose n’a pas envie de découvrir ça au bout de six semaines.
Les modes de rémunération ne se valent pas non plus. En FPPS, le pool vous paie chaque part au tarif moyen du réseau, récompense de bloc et frais de transaction compris, qu’il trouve un bloc ou non : le risque est chez lui, et les points de frais supplémentaires achètent cette régularité. F2Pool facture 4 % en FPPS et 2 % en PPLNS, l’écart mesure exactement le prix du lissage. Le TIDES d’Ocean fonctionne autrement : les parts sont conservées et rémunérées à chaque bloc trouvé sur une fenêtre glissante, et le pool ne détient jamais vos fonds, la récompense partant directement du bloc. La moyenne est comparable, l’arrivée est plus irrégulière. Les critères de choix d’un pool se comparent en détail à part.
Braiins Pool ristourne ses frais aux machines qui tournent sous son propre firmware. À ne pas confondre avec le prélèvement de développeur du firmware lui-même, qui, lui, ne revient jamais.
Étape 5 : brancher le worker et lire les deux hashrate

L’interface web d’un ASIC demande trois champs par pool, et généralement trois pools de repli. Chez Braiins, l’adresse est stratum+tcp://stratum.braiins.com:3333, avec le port 443 en secours, l’identifiant s’écrit compte.worker et le mot de passe n’est pas utilisé, n’importe quelle valeur passe. Chez Ocean, l’adresse est mine.ocean.xyz:3334 et l’identifiant est votre adresse bitcoin, suivie au besoin d’un point et d’un nom de worker.
Un nom de worker par machine, toujours. Sans ça, deux machines se confondent dans les statistiques et vous ne saurez jamais laquelle décroche.
Vient alors la vérification qui compte, et c’est la seule qui dise si l’installation fonctionne vraiment. Deux hashrate existent. Celui que la machine affiche sur sa propre page, calculé à partir de ce qu’elle croit produire. Et celui que le pool reconstitue à partir des parts qu’il a réellement reçues. Le second est le seul qui paie.
Ces deux chiffres se comparent sur vingt-quatre heures, pas sur cinq minutes : la production d’un mineur est un tirage au sort, et l’écart sur un intervalle court ne veut rien dire. Sur une journée entière, en revanche, un écart qui ne se referme pas désigne un problème précis. Des parts rejetées, visibles dans le compteur que le pool affiche à côté des parts acceptées. Une carte de hachage sur trois qui ne répond plus. Une ventilation bridée par la température, qui fait tomber la fréquence sans rien signaler. Ou une liaison réseau qui perd des paquets et fait arriver les parts trop tard.
Le premier réflexe quand la production semble faible est de soupçonner le pool. Dans les faits, l’écart vient presque toujours de la machine ou du câble.
Le premier mois, poste par poste
Trente jours d’un Antminer S23, à la recette du 10 août 2026, avec les frais de pool à 4 % retirés. La production brute est de 262,45 €, la production nette de 251,95 €, et la consommation de 2 519 kilowattheures. Une ligne, un point de fonctionnement.
Point de fonctionnement | Électricité consommée | Coût | Production nette | Résultat |
|---|---|---|---|---|
Option base 9 kVA, 24 h/24 (abonnés déjà en place) | 2 519 kWh | 500 € | 252 € | −248 € |
Heures pleines / creuses, 24 h/24 | 2 519 kWh | 493 € | 252 € | −241 € |
Heures creuses seules, 8 h/jour | 840 kWh | 133 € | 84 € | −49 € |
Tarif bleu professionnel, 24 h/24 | 2 519 kWh | 491 € | 252 € | −239 € |
Hébergement en ferme à 0,0607 €/kWh | 2 519 kWh | 153 € | 252 € | +99 € |
L’abonnement n’est pas dans le tableau, il ajoute quatre euros par mois au passage en 9 kVA. Rien de ce qui suit ne le change : ni l’amortissement de la machine, ni les frais d’hébergement autres que le kilowattheure, ni la revente du matériel.
La troisième ligne est tentante, et elle trompe. Arrêter la machine hors des heures creuses divise la perte par cinq, ce qui ressemble à une victoire. En réalité, une machine à l’arrêt seize heures par jour produit un tiers de sa recette et coûte le même prix d’achat. Le résultat est meilleur, l’amortissement est pire.
Combien de temps pour un bitcoin
La question revient dans toutes les recherches et se répond par une division. À 0,03173 dollar par térahash et par jour, avec un bitcoin à 64 033 dollars, un térahash par seconde produit 49,55 satoshis par jour.
Ce chiffre a un jumeau qui vient d’un tout autre bout. Le réseau verse 450 bitcoins de subvention par jour, répartis sur 911 EH/s de puissance de calcul : cela fait 49,4 satoshis par térahash et par jour, auxquels s’ajoutent les frais payés par les utilisateurs, environ trois bitcoins quotidiens de plus. Les deux tombent l’un sur l’autre à 0,3 % près, et cette borne règle le sort du minage sans matériel. Toute offre qui promet davantage sans machine rattachée à votre compte verse l’argent de quelqu’un d’autre. Les voies dites gratuites se mesurent toutes à cette règle.
Il faut donc 100 millions de satoshis, et chaque machine avance à son rythme.
Machine | Production brute par jour | Durée pour un bitcoin |
|---|---|---|
Antminer S23 Hyd 3U, 1 160 TH/s | 57 481 satoshis | 4 ans et 9 mois |
Antminer S23, 318 TH/s | 15 758 satoshis | 17 ans et 4 mois |
Antminer S21 Pro, 234 TH/s | 11 595 satoshis | 23 ans et 7 mois |
Whatsminer M60S, 188 TH/s | 9 316 satoshis | 29 ans et 5 mois |
Pour y arriver en un an, il faudrait 5 530 TH/s tenus sans interruption. Dix-sept S23 n’y suffisent pas, il en faut dix-huit, soit 62,96 kilowatts au compteur. Sur douze mois, cela fait 551 600 kilowattheures. Au tarif de base à 9 kVA, la facture atteint près de 109 500 €. Le bitcoin, lui, en vaut 55 500 au cours du 10 août 2026.
Un bitcoin miné en France coûte donc à peu près deux fois son prix, en électricité seule, hors machine et hors frais. Ce facteur deux se lit directement sur la fiche technique : c’est le rapport entre les 11 J/TH de la machine et les 5,77 J/TH du seuil. Ce que rapporte une journée de calcul reprend la même arithmétique sur d’autres monnaies.
Miner seul, en espérance
Miner en solo veut dire garder tout le bloc et n’avoir strictement rien tant qu’on ne l’a pas trouvé. Plusieurs pools servent un point d’entrée dédié pour ça. Reste à savoir combien de temps ça prend.
La difficulté était de 127,48 T à l’ajustement du 8 août 2026. Trouver un bloc demande en moyenne cette difficulté multipliée par 232, soit 5,48 × 10²³ hachages. Un S23 en produit 318 000 milliards par seconde.
La division donne 1,72 milliard de secondes, c’est-à-dire 54 ans et 7 mois d’attente moyenne. Rapporté à une journée, la probabilité de décrocher le bloc est de 0,005 %. Sur une année entière de fonctionnement sans panne, elle atteint 1,8 %.
Le lot, si le tirage tombe, vaut 3,125 bitcoins plus les frais des transactions du bloc, soit environ 173 500 € au cours du 10 août. L’électricité de l’attente moyenne, au tarif de base, coûte 500 € par mois pendant 655 mois, c’est-à-dire 327 000 €.
Le solo reste un pari dont on connaît le prix d’avance : deux fois le lot.
Les trois situations où le signe s’inverse

Le mineur remplace le radiateur
Un ASIC ne soulève rien, n’éclaire rien et ne stocke rien : la quasi-totalité des watts qu’il consomme ressort en chaleur. 3 498 watts de machine, ce sont 3 498 watts de chauffage, exactement comme un convecteur électrique de même puissance.
Si ces watts partaient de toute façon dans un convecteur, la ligne « électricité » du tableau était déjà payée. Les 252 € nets du mois deviennent alors une remise sur la facture : 500 € de chauffage tombent à 248 €.
Trois conditions vont avec. Un volume capable d’absorber 3,5 kW en continu sans devenir invivable. 75 décibels dans la pièce, ce qui exclut une chambre et la plupart des salons. Et une saison de chauffe de six à sept mois, pendant lesquels le calcul tient ; le reste de l’année, on revient à la première ligne du tableau. La chaleur produite par le minage et son cadre légal se traitent à part.
La machine part en ferme
Les hébergeurs affichent l’électricité industrielle autour de 0,07 dollar le kilowattheure, soit 0,0607 €, machine surveillée et maintenue. Comme un S23 décroche à 0,104 €, la machine passe du bon côté : 99 € de marge par mois.
Elle coûte 5 980 €. À ce rythme, il faut 60 mois pour la payer, avant les frais d’installation d’une centaine d’euros par machine, avant l’engagement de douze mois que réclament la plupart des contrats, et surtout avant le printemps 2028. Le halving tombe au milieu de l’amortissement et coupe la recette en deux. L’opération se joue sur cette date bien plus que sur le tarif du kilowattheure.
Le kilowattheure qu’on ne peut pas revendre
Depuis le 5 juin 2026, le surplus d’une installation photovoltaïque de 9 kWc ou moins se rachète 1,1 centime d’euro hors taxes le kilowattheure. Le même kilowattheure passé dans un S23 rend 0,104 € de bitcoin, puisque la machine produit 0,02751 € par térahash et consomme 0,264 kilowattheure par térahash et par jour. Neuf fois plus.
La limite tient à la simultanéité. Il faut 3,5 kW de surplus disponible au même instant, ce qu’un toit de 6 à 9 kWc ne donne que quelques heures par beau temps. À cinq heures par jour, la machine rapporte 1,75 € net, soit 53 € par mois sur huit mois, environ 425 € par an. Face à 5 980 € de matériel, elle s’use avant d’être payée. Brancher la production d’un toit sur un mineur demande d’ajuster la machine à la production, pas l’inverse.
Ce que le printemps 2028 fera de tous ces chiffres
Le halving suivant ramènera la récompense de 3,125 à 1,5625 bitcoin par bloc. C’est une règle du protocole, déclenchée tous les 210 000 blocs, que personne n’a le pouvoir de reporter.
À cours et à difficulté inchangés, la recette par térahash tombe de moitié, à 1,38 centime d’euro par jour. Le seuil suit mécaniquement : 2,89 J/TH au tarif de base, 3,61 J/TH en heures creuses. La meilleure machine du marché est à 9,5. Aucune génération annoncée n’approche de ce chiffre, et l’écart de génération en génération se compte en un ou deux joules, pas en six. La récompense de bloc et ce qu’il en reste après le halving détaillent le mécanisme.
Le cours peut évidemment monter et compenser. La difficulté peut baisser si des mineurs débranchent, et elle a déjà reculé cette année, le réseau étant passé de plus de 1 100 EH/s à 911. Mais ce sont deux paris de marché, et les tenir pour acquis revient à acheter une machine sur une hypothèse plutôt que sur un calcul.
Ce qu’il reste à décider
Toute la question tient à deux nombres : le prix auquel vous payez le kilowattheure, et les joules par térahash de la machine que vous visez. Le premier multiplié par le second doit rester sous 1,146. Sous ce produit, la machine gagne ; au-dessus, elle brûle.
Chez un particulier français, ce produit vaut aujourd’hui 2,18 sur la meilleure machine à air. Il repasse sous la barre dès que le kilowattheure descend sous dix centimes, ce qui existe en ferme, sous un toit solaire en surproduction, et pendant les mois où la chaleur produite remplace un chauffage déjà payé.
Le matériel se choisit donc en dernier, une fois ce prix connu, et jamais avant.