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Fabriquer une machine de minage : rig GPU, ASIC, et ce que ça coûte

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Fabriquer une machine de minage : rig GPU, ASIC, et ce que ça coûte

Une machine de minage se choisit à partir de la monnaie visée, jamais à partir du budget disponible. C’est l’inverse de ce que font la plupart des guides, et c’est ce qui produit des installations qui tournent des mois en perdant de l’argent. Le SHA-256 de Bitcoin appartient aux ASIC depuis 2013 : aucune carte graphique n’y a sa place. Les algorithmes ouverts au GPU rapportent aujourd’hui autour d’un euro par jour et par carte, avant électricité. Et le smartphone ne mine rien du tout. Cette page trie les quatre familles de matériel par ce qu’elles produisent réellement, détaille le montage d’un rig, puis dit à quel moment on bascule dans une installation professionnelle.

  • Les quatre familles de machines et ce qu’elles rendent vraiment

  • Machine pour miner du bitcoin : un ASIC ou rien

  • Fabriquer un rig de minage : ce qui se décide avant l’achat

  • Construire rig minage : le montage et ses trois pièges

  • Le système et les logiciels encore vivants en 2026

  • Où commence une installation minage professionnelle

  • Les alternatives quand la machine n’a pas de sens

Les quatre familles de machines et ce qu’elles rendent vraiment

Le tableau ci-dessous donne le bilan quotidien de chaque famille au tarif réglementé de 0,2001 € le kilowattheure, en vigueur depuis le 1er août 2026. Les productions brutes correspondent aux algorithmes réellement actifs, pas aux tables Ethash qui circulent encore.

Famille

Ce qu’elle mine

Consommation

Bilan quotidien

Verdict

Smartphone ou tablette

Rien

Aucune

0 €

Les applications de minage mobile distribuent un jeton maison sans marché ; le processeur ne calcule aucun hash

PC de jeu avec une carte graphique

Autolykos2, Octopus, KawPow

140 à 360 W selon le bridage

− 0,88 € à + 0,18 €

Rentable seulement bridé, sur une carte récente, idéalement en heures creuses

Rig de six à douze cartes

Les mêmes algorithmes, multipliés

0,9 à 2 kW

+ 1 à + 2 € dans le meilleur cas

Demande une ligne électrique dédiée pour une marge qui reste mince

ASIC SHA-256

Bitcoin

3 à 5,5 kW

Dépend du prix du courant, seuil autour de 0,08 €/kWh

La seule voie sérieuse sur Bitcoin, et elle ne passe pas au tarif domestique français

Deux lignes méritent d’être lues deux fois. Le PC de jeu est le seul point d’entrée qui coûte zéro euro de plus quand la carte est déjà là : le minage n’y est pas un investissement mais une occupation des heures creuses de la machine. Et l’ASIC, malgré des rendements de plusieurs euros par jour, se heurte au prix français du kilowattheure : c’est le tarif, pas la machine, qui décide.

rig de minage ouvert avec six cartes graphiques alignées sur un cadre métallique et deux alimentations

Machine pour miner du bitcoin : un ASIC ou rien

La requête machine pour miner du bitcoin mène presque toujours vers une liste de cartes graphiques. C’est une impasse, et l’écart se chiffre. Sur le SHA-256, une carte graphique haut de gamme dépasse 1 000 joules par térahash. Un Antminer S21 XP en consomme 13,5. Le rapport dépasse le facteur soixante-dix, et il ne se rattrape par aucun réglage.

Machine

Hashrate SHA-256

Efficacité

Prix indicatif neuf

Antminer S21 XP

270 TH/s

13,5 J/TH

4 200 à 5 500 $

Antminer S21 Pro

234 TH/s

15 J/TH

3 000 à 3 800 $

WhatsMiner M60S

186 TH/s

18,5 J/TH

Variable selon le marché

AvalonMiner A1566

185 TH/s

18,5 J/TH

Variable selon le marché

Carte graphique haut de gamme

Négligeable

Plus de 1 000 J/TH

Sans objet

Trois contraintes physiques accompagnent l’achat, et elles éliminent l’appartement. Le bruit d’abord : un S21 en charge tourne autour de 75 dB, l’équivalent d’un aspirateur qui ne s’arrête jamais. La chaleur ensuite : 3 500 W dissipés dans une pièce fermée la transforment en étuve en une heure. L’électricité enfin : une machine de cette classe tire une quinzaine d’ampères sur du 230 V, soit davantage que ce qu’un circuit de prises domestique supporte en continu. Le détail des modèles, de leur seuil de rentabilité au kilowattheure et des solutions d’hébergement figure dans la page sur les ASIC de minage et leur efficacité en J/TH, et l’arbitrage entre GPU et circuit dédié dans celle qui explique pourquoi choisir un ASIC pour le minage.

Fabriquer un rig de minage : ce qui se décide avant l’achat

Quatre décisions engagent tout le reste, et elles se prennent avant la première commande.

L’algorithme fixe la mémoire nécessaire. Autolykos2 sollicite la bande passante mémoire plus que les unités de calcul, ce qui favorise les cartes à mémoire rapide même modestes en cœurs. Les algorithmes à DAG font grossir leur jeu de données au fil des blocs : une carte de 8 Go finit par décrocher, une carte de 16 Go tient des années. C’est le premier critère, avant le hashrate annoncé.

Le nombre de cartes fixe l’alimentation, pas l’inverse. Six cartes bridées à 140 W tirent 840 W, auxquels s’ajoutent 100 W pour la carte mère, le processeur et les ventilateurs. Une alimentation certifiée 80 PLUS Gold de 1 200 W laisse la marge nécessaire pour ne jamais dépasser 80 % de sa capacité, plage où son rendement est le meilleur et sa durée de vie la plus longue.

La ligne électrique fixe le plafond du rig. Un circuit domestique protégé par un disjoncteur de 16 A supporte 3 680 W en théorie, moins de 3 000 W en usage continu sans échauffement. Deux rigs sur la même ligne font sauter le disjoncteur, ou pire, chauffent la gaine.

Le lieu fixe le refroidissement. Un rig de six cartes évacue l’équivalent d’un radiateur électrique d’appoint. En hiver, dans un garage, c’est confortable. En juillet, sous les toits, les cartes se brident et le hashrate tombe sans prévenir. Un contrôleur de ventilateur pilote l’extraction du châssis selon la température mesurée.

La liste complète des composants, avec les fourchettes de prix poste par poste et le total d’un rig six cartes entre 2 220 et 4 390 €, se trouve dans la page consacrée au rig de minage, ses composants et son assemblage. Le choix des cartes elles-mêmes est traité dans le guide des composants d’un rig et de leur compatibilité.

Construire rig minage : le montage et ses trois pièges

Le montage physique ne réserve pas de surprise : cadre ouvert, carte mère sur entretoises, processeur et barrette de mémoire, alimentation, puis les cartes graphiques reliées par des risers PCI-e et espacées d’une dizaine de centimètres. Trois choses font échouer les premiers rigs, et ce sont toujours les mêmes.

Les risers bas de gamme. Ces rallonges coûtent quelques euros pièce et supportent l’alimentation d’une carte entière. Un mauvais riser chauffe, perd le signal, fait disparaître une carte du logiciel au bout de trois jours, et dans le pire des cas brûle son connecteur. C’est la pièce sur laquelle il ne faut jamais économiser, comme le rappelle la page sur les risers GPU et le choix des câbles d’extension.

Le BIOS mal réglé. Deux options conditionnent la reconnaissance des cartes au-delà de la quatrième : Above 4G Decoding à activer, et les ports PCI-e à forcer en Gen1. Sans elles, la machine démarre, affiche quatre cartes, et l’on cherche une panne matérielle qui n’existe pas. Le redémarrage automatique après coupure de courant se règle dans la foulée.

L’alimentation sous-dimensionnée. Une alimentation qui travaille à 95 % de sa capacité tient quelques semaines, puis coupe sous les pics. Le symptôme trompe : la machine redémarre au hasard, on soupçonne le système, la mémoire, la carte mère. Le calcul se refait avec un wattmètre, pas avec les TDP du constructeur.

Une fois le rig stable, l’undervolting des cartes réduit la consommation de 10 à 20 % sans toucher au rendement, parfois en l’améliorant, une carte plus froide se bridant moins. Sur six cartes au tarif réglementé, ces 15 % représentent une vingtaine d’euros par mois.

Le système et les logiciels encore vivants en 2026

Cette partie est celle où les guides vieillissent le plus mal, parce qu’ils recopient des noms disparus. Le point à jour :

Outil

État

À utiliser à la place

ethOS

Abandonné

HiveOS, mmpOS ou SimpleMining

RaveOS

Service débranché le 1er février 2026

HiveOS

Claymore Dual Miner

Développement arrêté en 2020

lolMiner, T-Rex, GMiner

PhoenixMiner

Arrêté après le passage d’Ethereum en preuve d’enjeu ; des copies piégées ont circulé en 2022

lolMiner, SRBMiner-Multi

HiveOS

Actif, gratuit jusqu’à quatre rigs

Aucun remplacement nécessaire

NiceHash

Actif

Aucun remplacement nécessaire

Un système dédié vaut mieux qu’un Windows complet : il démarre sur une clé USB, se pilote depuis un navigateur ou un téléphone, redémarre le rig tout seul quand une carte décroche, et n’installe pas de mise à jour au milieu de la nuit. Le mineur, lui, se choisit sur l’algorithme visé, et non sur la marque : la comparaison figure dans la page des logiciels de minage classés par algorithme.

Où commence une installation minage professionnelle

La bascule ne tient pas au nombre de machines mais à l’électricité. Elle se produit quand l’installation dépasse ce qu’un abonnement domestique peut porter, c’est-à-dire autour de 12 kVA en monophasé, soit trois ou quatre ASIC, ou une quinzaine de cartes graphiques.

Au-delà, quatre choses changent d’un coup :

  • l’alimentation passe en triphasé, avec un tableau dédié, des protections différentielles adaptées et l’intervention d’un électricien pour la conformité ;

  • le tarif d’achat change de catégorie : on quitte le tarif réglementé de vente pour une offre de marché professionnelle, et c’est là que se joue la rentabilité ;

  • la ventilation devient un poste à part entière, avec une extraction dimensionnée en mètres cubes par heure et non plus quelques ventilateurs ;

  • l’activité entre dans un cadre fiscal et administratif : immatriculation, régime BNC ou société, assurance du local.

Ces quatre volets, avec les chiffres d’un site d’un mégawatt et le seuil du prix de l’électricité qui le rend viable, sont développés dans la page consacrée à l’installation de minage professionnelle et son montage. Le volet purement financier, lui, est traité dans la page sur l’investissement dans une ferme de minage.

Les alternatives quand la machine n’a pas de sens

Il faut savoir renoncer au matériel, et deux voies existent, avec leurs limites.

Le cloud mining consiste à louer la puissance de calcul de quelqu’un d’autre. Le modèle fonctionne chez des opérateurs qui publient leur production, comme Bitdeer coté au Nasdaq, ou ECOS en Arménie. Il attire aussi la fraude : le dossier HashFlare, 577 millions de dollars encaissés auprès de 440 000 investisseurs entre 2015 et 2019, s’est soldé par des plaidoyers de culpabilité en février 2025. La méthode de vérification, y compris les rendements journaliers impossibles, est détaillée dans la page sur le cloud mining Bitcoin et ce qu’il rapporte réellement.

Le staking n’est pas du minage : on immobilise des jetons sur un réseau en preuve d’enjeu et l’on perçoit une rémunération pour la sécurité apportée. Aucun matériel, aucune électricité, mais un capital bloqué et un risque de marché entier. C’est le chemin qu’a pris l’acteur français Just Mining, devenu Meria fin 2022 en abandonnant progressivement le minage au profit du staking.

Reste la voie la plus honnête pour beaucoup : ne pas construire de machine, et acheter directement l’actif. Le minage n’a d’intérêt que si l’électricité coûte moins cher que ce qu’elle produit, et cette condition ne dépend d’aucun montage.

Ce qu’une machine coûte une fois montée

Le prix d’achat n’est que le premier poste, et c’est celui dont on parle le plus. Les suivants décident du résultat sur douze mois.

Poste

Rig de six cartes bridées

Ce qui le fait varier

Électricité, 940 W en continu

≈ 1 648 € par an au tarif base

Bridage des cartes, plage horaire, option tarifaire

Frais de pool, 1 %

≈ 19 € par an

Mode de paiement, seuil de retrait

Frais de développeur du mineur

≈ 19 € par an

De 0,75 à 2 % selon le logiciel et l’algorithme

Remplacement des risers et ventilateurs

50 à 120 € par an

Qualité des pièces d’origine, poussière du local

Dépréciation du matériel

20 à 35 % la première année

Cycle du marché, sortie d’une nouvelle génération

La ligne qui surprend est la dernière. Une carte graphique perd davantage de valeur en douze mois que le minage n’en produit, et ce n’est pas l’usure qui la déprécie : c’est l’arrivée de la génération suivante. Un rig monté au bon moment du cycle et revendu avant le renouvellement de gamme peut afficher un résultat correct alors que sa production seule était à peine positive. Le calcul complet, avec les seuils au kilowattheure, est développé dans la page sur le calcul de la rentabilité du minage.

Un dernier poste n’apparaît sur aucune facture : le temps. Un rig demande une intervention par mois en régime normal, davantage les premières semaines. Compté au tarif de n’importe quelle heure de travail, ce temps dépasse la marge produite. C’est ce qui distingue le loisir technique de l’investissement, et il vaut mieux savoir lequel des deux on pratique.

Questions fréquentes sur la fabrication d’une machine de minage

Question

Réponse

Peut-on miner avec un PC classique ?

Oui, sur les algorithmes ouverts au GPU, à condition de brider la carte. Au réglage d’usine, la machine perd environ 0,88 € par jour au tarif réglementé.

Combien coûte un rig de six cartes ?

Entre 2 220 et 4 390 € selon les cartes retenues, dont environ 80 % pour les cartes graphiques elles-mêmes.

Faut-il un système dédié ou Windows ?

Un système dédié comme HiveOS. Il démarre sur clé USB, se pilote à distance et relance le rig automatiquement. ethOS et RaveOS ne sont plus des options.

Quelle carte mère pour plusieurs GPU ?

Une carte alignant assez de ports PCI-e, avec Above 4G Decoding dans son BIOS. Les modèles spécifiquement conçus pour le minage ne sont plus produits et se trouvent d’occasion.

Un ASIC est-il rentable chez soi en France ?

Rarement. Le seuil se situe autour de 0,08 € le kilowattheure sur les machines les plus efficaces, contre 0,2001 € au tarif réglementé. Le bruit et la chaleur écartent en plus l’habitat collectif.

À partir de quand faut-il une installation professionnelle ?

Vers 12 kVA, soit trois ou quatre ASIC. Au-delà, triphasé, tableau dédié, offre de marché et immatriculation deviennent obligatoires.