Minage crypto gratuit : les logiciels qui le sont, et ceux qui prélèvent
Presque tous les logiciels de minage se téléchargent sans payer. Ce n’est pas un argument commercial, c’est l’état normal du secteur depuis quinze ans : le code circule, personne ne le vend. La question est ailleurs. Un mineur gratuit prélève de 0 à 5 % de votre puissance de calcul au profit de son auteur, le taux dépendant de l’algorithme choisi plus que du nom du logiciel. Et la machine qui tourne consomme du courant que vous payez au tarif plein. Quant aux services qui promettent des gains sans matériel ni facture, ils butent tous sur le même mur arithmétique : le réseau Bitcoin distribue environ 50 satoshis par TH/s et par jour, tout le monde compris. Cette page trie les deux sens du mot gratuit.
Ce que « gratuit » veut dire pour un logiciel de minage
Les frais de développeur, chiffrés et vérifiés
Ce que coûte au compteur une machine qui mine sans rien payer
Libre, gratuit, ou simplement sans prix affiché
Logiciel minage bitcoin : le seul qui produise vit dans la machine
La borne des 50 satoshis, et comment s’en servir
Où est la machine, et à quel nom est-elle
Le seul courant réellement gratuit : celui qui chauffe déjà la pièce
Le minage vraiment gratuit existe : c’est le vôtre, miné par quelqu’un d’autre
Démarrer sans dépenser un euro
Un logiciel de minage gratuit, ça veut dire quoi exactement
Le mineur est un programme court. Il reçoit un travail d’un pool, le fait tourner sur le processeur ou la carte graphique, renvoie les résultats. Il ne stocke rien, ne vend rien, ne se met pas à jour contre abonnement. Écrire ce genre de logiciel demande un savoir-faire pointu mais peu d’infrastructure, et le modèle économique qui s’est imposé n’est ni la licence ni la publicité : c’est le prélèvement direct sur le travail produit.
Concrètement, un mineur qui annonce 1 % de frais de développeur passe périodiquement sur le pool de son auteur, y mine quelques secondes, puis revient sur le vôtre. Sur une journée entière, cela représente 14 minutes et 24 secondes de calcul offert. À 2 %, on est à 28 minutes et 48 secondes. Le hashrate affiché dans la console, lui, ne bouge pas : il compte le travail total, pas sa destination. La ponction se lit sur le compte du pool, jamais dans le logiciel.
Deux conséquences pratiques. D’abord, le prélèvement ne se négocie pas : XMRig, le mineur de référence sur Monero, fixe son taux par défaut à 1 % et refuse toute valeur inférieure, la limite basse étant écrite en dur dans le code source. Ensuite, les correctifs qui circulent sous le nom de « nodevfee » et promettent de supprimer ces frais font exactement ce qu’une modification non signée d’un binaire de minage laisse craindre : ils redirigent le calcul, parfois vers le pool de l’auteur du correctif, parfois vers autre chose. Économiser 1 % en installant un patch anonyme sur une machine qui manipule une adresse de portefeuille est un mauvais calcul.
Les frais de développeur, mineur par mineur
Le taux dépend de l’algorithme au moins autant que du logiciel, et l’écart interne à un même binaire dépasse souvent l’écart entre deux binaires concurrents. SRBMiner-Multi descend à 0,65 % sur Etchash, tient 0,85 % sur RandomX et grimpe à 3 % sur xhash ; GMiner reste à 2 % sur presque tout son catalogue et demande 5 % sur Cortex. Les taux ci-dessous sont ceux que les auteurs publient eux-mêmes, avec la date de leur dernière version livrée.
Logiciel | Matériel | Frais de développeur | Dernière version |
|---|---|---|---|
XMRig | Processeur, cartes AMD et NVIDIA | 1 % par défaut, 1 % minimum imposé | 6.26.0, mars 2026 |
SRBMiner-Multi | Processeur, AMD, NVIDIA, Intel Arc | 0,85 % sur RandomX comme sur heavyhash, 0,65 % sur Etchash, jusqu’à 3 % | 3.5.4, août 2026 |
lolMiner | AMD, NVIDIA, Intel Arc | 0,7 % sur Etchash · 0,75 % sur Kaspa · 1,5 % sur Autolykos 2 · 2 % sur Nexa et Octopus | 1.98a, septembre 2025 |
BzMiner | AMD, NVIDIA, Intel Arc | 0,5 % sur Etchash et Alephium · 1 % sur Ergo, Kaspa, KawPow et Ironfish · 2 % sur Nexa | 24.0.2, avril 2026 |
WildRig Multi | AMD, NVIDIA | Zéro sur tout, sauf 0,75 % sur les neuf progpow · 1 % sur curvehash, ghostrider et mike · 2 % sur skydoge et qhash | 0.50.1, août 2026 |
TeamRedMiner | AMD surtout | 0,75 à 3 % selon l’algorithme, 2 % sur KawPow | 0.10.21, mai 2024 |
La colonne de droite se lit avant celle des frais. TeamRedMiner n’a rien livré depuis la 0.10.21 du 6 mai 2024, vingt-sept mois de silence pour un logiciel qui suivait les pilotes AMD de près. GMiner s’est arrêté deux mois plus tôt, en mars 2024. lolMiner n’a plus bougé depuis la 1.98a de septembre 2025. Leurs binaires tournent encore, et sur une carte de leur époque ils tournent bien ; sur une carte sortie depuis, personne ne garantit rien. Quatre noms publient encore en 2026 : XMRig, SRBMiner-Multi, BzMiner et WildRig Multi.
La lecture utile de ce tableau n’est pas « lequel est le moins cher ». Un écart de 0,5 point sur un rig qui rapporte 40 centimes par jour représente deux centimes. Le tableau sert à repérer l’anomalie : un mineur qui ne publie nulle part son taux, ou qui annonce zéro frais tout en étant distribué en binaire fermé, se finance forcément autrement. Le classement complet par famille de matériel tient dans le catalogue des mineurs rangés par algorithme, avec les plateformes couvertes par chacun.
Ce que coûte au compteur une machine qui « ne coûte rien »
Le logiciel est gratuit, l’électricité non. C’est elle qui décide de tout. Le tarif réglementé bleu s’établit depuis le 1er août 2026 à 0,2001 € le kilowattheure en option base et à 0,1589 € en heures creuses, les heures pleines de la même option étant facturées 0,2142 €. Le tarif bleu professionnel, lui, s’affiche hors TVA et se lit à part : 0,1624 € le kilowattheure en option base depuis la même date. À partir de là, l’arithmétique est immédiate.
Configuration | Surconsommation | Par jour | Par mois, option base | Par mois, option heures creuses, machine allumée en continu |
|---|---|---|---|---|
Processeur seul sur RandomX | 100 W | 2,4 kWh | 14,61 € | 14,29 € |
Une carte graphique milieu de gamme | 180 W | 4,32 kWh | 26,29 € | 25,72 € |
Une RTX 4090 bridée | 300 W | 7,2 kWh | 43,82 € | 42,87 € |
Un rig de six cartes | 1 100 W | 26,4 kWh | 160,68 € | 157,20 € |
La dernière colonne mérite un mot, parce qu’elle est presque toujours mal calculée ailleurs. Un rig allumé jour et nuit ne paie pas vingt-quatre heures au tarif creux : il en paie huit à 0,1589 € et seize à 0,2142 €, donc au-dessus du tarif de base. Le mélange revient à 0,1958 € le kilowattheure, et l’option heures creuses ne fait ainsi économiser qu’environ 2 % à qui laisse tourner en permanence. Les mensualités sont comptées sur un mois moyen de 30,44 jours ; à trente jours ronds, la facture annuelle est sous-estimée de 1,5 %.
Ces montants sont le plancher que le minage doit franchir avant de rapporter le premier centime. Un rig de six cartes doit produire plus de 160 € par mois pour rentrer dans ses frais courants, et cela sans compter l’amortissement du matériel. C’est cette ligne, et non le choix du binaire, qui explique la quasi-totalité des abandons. Le détail du calcul monnaie par monnaie tient dans la méthode de calcul de rentabilité appliquée au tarif français.
Deux leviers existent, et ils ne sont pas symétriques. Le premier déçoit : les heures creuses valent 20 % de moins que le tarif de base, mais ce rabais ne porte que sur huit heures sur vingt-quatre, et rien n’oblige à en profiter en dormant. Éteindre la machine hors des heures creuses fait tomber les recettes à un tiers pendant que la facture descend à 26 % de ce qu’elle était : la marge par kilowattheure s’améliore, le revenu absolu s’effondre. Utile sur du matériel déjà amorti qu’on ne veut plus pousser, sans effet sur un investissement à rembourser. Autoproduire son courant change vraiment l’équation, et c’est le seul montage où le minage domestique redevient franchement positif, comme le montre le calcul d’un rig alimenté en photovoltaïque.
Libre, gratuit, ou simplement sans prix affiché
Trois statuts se cachent derrière le même mot. Ils n’ont rien à voir. La confusion a des conséquences concrètes le jour où l’on veut vérifier ce qu’un binaire fait de son temps de calcul.
Le vrai logiciel libre. XMRig est publié sous GPLv3, code source complet sur son dépôt public, compilable soi-même. C’est d’ailleurs en lisant ce code qu’on constate que le plancher de prélèvement est fixé à 1 %. cpuminer-opt relève de la même catégorie. Sur ces deux-là, rien n’est caché : on peut compiler sa propre version, avec ou sans les frais, et le résultat sera honnête parce qu’on l’a produit soi-même.
Le gratuit à source fermée. lolMiner, SRBMiner-Multi, BzMiner, TeamRedMiner, GMiner sont distribués en binaire précompilé. Ils sont gratuits, largement utilisés, leurs auteurs publient leurs taux et tiennent un fil de discussion depuis des années, mais personne d’extérieur ne peut auditer ce que le programme envoie. Le contrat est un contrat de réputation. Il tient, et il tient d’autant mieux que ces auteurs ont tout à perdre à le rompre.
Le gratuit qui n’en est pas un. Un binaire de minage récupéré sur un site de téléchargement tiers, un forum, un lien Telegram ou une archive protégée par mot de passe n’a aucune raison d’être identique à l’original. Un mineur est d’ailleurs une charge utile confortable pour qui redistribue un binaire trafiqué : le seul comportement visible, une machine qui chauffe et parle à un serveur distant, est exactement celui qu’on attend du programme légitime. Ce qu’il faut vérifier avant d’exécuter un binaire tient en trois gestes, détaillés dans la méthode de vérification de provenance et de lecture d’un journal de mineur.
Logiciel minage bitcoin : le seul qui produise vit dans la machine
Les listes de logiciel minage bitcoin ne manquent pas, et pas un des noms qu’elles alignent ne sortira le moindre satoshi d’un ordinateur. Ce n’est pas une affaire de réglage. Les meilleures cartes graphiques jamais mesurées sur SHA-256 plafonnaient à 863 Mh/s, une Radeon HD 5970 ; un six-cœurs de la même génération tenait 23,6 Mh/s. Un Antminer S21 XP fait 270 Th/s, soit 270 000 000 Mh/s. Le rapport est de 313 000 contre la carte et de 11 millions contre le processeur.
Ces rapports se convertissent en monnaie sans effort. Au tarif du réseau, 50 satoshis par TH/s et par jour, une carte à 863 Mh/s produit quatre centièmes de satoshi quotidiens : il lui faut vingt-trois jours pour en gagner un seul, pendant que ses 300 W brûlent 1,44 € de courant par jour. Le processeur met plus de deux ans à décrocher son premier satoshi. Et la bascule n’a pas été graduelle. L’Avalon 1, premier ASIC livré en janvier 2013, était annoncé à 60 Gh/s pour 620 W et les relevés du premier lot en donnaient plutôt 66, soit soixante-dix-sept fois la meilleure carte du moment. Le SHA-256 a changé de monde en une saison.
Alors où est passé le logiciel ? Dans la machine. Le programme qui fait miner un ASIC est un firmware : il occupe la carte de contrôle, il démarre avec elle, et il ne s’installe sur aucun ordinateur. Côté utilisateur, le logiciel de minage bitcoin se réduit à une page web servie par la machine sur son adresse locale, avec trois champs à remplir : l’adresse du pool, le nom du worker, le mot de passe. On valide, la machine mine. Il n’y a rien d’autre à installer. Ce que contient la carte de contrôle d’un ASIC montre où le vrai travail se joue.
Il y a bien un marché du logiciel côté bitcoin, et c’est celui du firmware tiers. Trois éditeurs y comptent, et tous les trois se paient sur le hashrate, exactement comme les mineurs GPU du tableau plus haut.
Firmware | Éditeur | Prélèvement | Ce qu’il apporte |
|---|---|---|---|
Braiins OS | Braiins, l’équipe de l’ancien Slush Pool | 2 à 2,5 % selon le modèle, prélevés dans tous les cas | Réglage puce par puce, cible de puissance ou de hashrate, Stratum V2, et 0 % de frais de pool effectifs sur Braiins Pool |
VNish | VNish | 2,8 % sur les séries 19 et 21 | Tension et fréquence ajustées puce par puce, profils testés pour l’air et le refroidissement liquide |
LuxOS | Luxor | 2,8 %, et 0 % de frais de pool chez Luxor | Pilotage à distance, profils de puissance, bascule de pool |
La ligne Braiins traîne une confusion qu’on retrouve partout, et qui tient à deux prélèvements qu’on prend pour un seul. Les frais de développeur, 2 à 2,5 %, sont pris quoi qu’il arrive : le firmware dirige ce pourcentage de la puissance vers le pool de l’éditeur, quel que soit le pool où vous minez, et rien ne revient. Les frais de pool sont une autre affaire : sur Braiins Pool, ils sont d’abord facturés au taux normal, puis ristournés chaque jour au prorata du hashrate produit sous Braiins OS, ce qui ramène le taux de pool à zéro pour une ferme entièrement équipée. Ce qui est remboursé n’est donc jamais la commission du logiciel. LuxOS applique la même construction chez Luxor, et le tableau ci-dessus se lit de la même façon sur ses deux lignes.
VNish pose un problème que les deux autres n’ont pas. On l’attrape sur une demi-douzaine de sites qui se présentent tous comme officiels, avec des taux et des numéros de version qui ne concordent pas d’un domaine à l’autre. La règle vue plus haut pour les binaires GPU vaut ici, en plus dur, puisqu’il s’agit d’écraser le logiciel d’usine d’une machine qui produit : on ne flashe pas une carte de contrôle avec une image trouvée sur un domaine qu’on n’a pas rattaché à l’éditeur.
Ce que ces 2,8 % achètent n’a rien de cosmétique. Le firmware d’usine applique la même tension et la même fréquence à toutes les puces d’une carte de calcul alors qu’elles ne se valent pas : un S21 en aligne 108 par carte, 324 sur la machine entière, avec des qualités qui vont du bon au médiocre. L’autotuning les mesure une à une, pousse les meilleures, ménage les autres. Le gain se prend au choix en hashrate à consommation constante, ou en watts à hashrate constant. C’est la seconde option qui intéresse quiconque paie son kilowattheure 0,2001 €, et c’est elle qui décide si telle machine tient encore son seuil de rentabilité.
Le prélèvement n’est pas le seul prix. Un firmware tiers met la garantie constructeur en jeu. La clause de Bitmain se lit de près : elle exclut de la couverture les dommages et les pannes causés par l’usage d’un firmware ou d’un pilote non autorisé, et cite l’overclocking poussé au-delà des réglages d’usine comme exemple. L’installation seule ne referme donc pas le dossier ; ce qui le referme, c’est le lien entre elle et la panne. Reste que ce lien, c’est le réparateur qui le tranche, en lisant le journal de la machine, et qu’il le tranche rarement en votre faveur. La couverture court 365 jours après l’expédition sur les séries 19 et 21, 180 jours sur les modèles antérieurs, et 180 jours sur une carte de contrôle achetée seule. Sur une machine neuve, l’arbitrage se pose vraiment. Un S19 d’occasion dont la couverture est éteinte depuis deux ans ne risque plus rien, et c’est d’ailleurs sur ce parc-là que les firmwares tiers se sont répandus. Les trois éditeurs prévoient le retour à l’image d’usine, de quoi remettre la machine dans son état d’origine avant un envoi en réparation. Ce que coûte réellement un S19 d’occasion à 400 € donne l’ordre de grandeur de ce parc.
Deux noms survivent à toutes les listes, CGMiner et BFGMiner, et ils ne font pas ce qu’on leur prête. CGMiner a perdu le support GPU avec la version 3.8.0 du 10 novembre 2013, en même temps que le scrypt ; tout ce qui a suivi ne parle qu’aux ASIC et aux FPGA. BFGMiner a gardé un chemin OpenCL, mais il le coupe de lui-même dès qu’un appareil dédié est branché, ce qui revient au même en pratique. Les classer parmi les mineurs GPU envoie donc le lecteur télécharger le pilote d’un matériel qu’il n’a pas. Les enterrer serait tout aussi faux : on pilote avec eux une clé USB de minage ou un FPGA depuis un ordinateur, et ils s’en acquittent très bien. Il faut seulement savoir à quoi on touche. BFGMiner en est resté à sa 5.5.0 du 3 janvier 2018, et bfgminer.org ne s’ouvre plus, son certificat pointant sur un tout autre domaine. Le programme fait ce qu’il a toujours fait, il ne fera rien de plus.
D’où le seul emploi sérieux d’un logiciel minage bitcoin sur un PC : apprendre. Branchez un appareil dédié, lancez CGMiner, la console affiche ce qu’aucune page de configuration ne montre. Les parts acceptées, les rejets, le taux d’erreur matériel, la difficulté qui monte d’un cran, une connexion stratum qui décroche et se rétablit. C’est le vocabulaire du métier, et il s’acquiert pour quelques dizaines d’euros au lieu de quelques milliers. Un Bitaxe fait le même office, en mieux : carte ouverte, puce BM1370 tirée du S21 Pro, firmware libre et sans prélèvement d’aucune sorte, 1,2 Th/s pour 18 W de série. Soit 60 satoshis par jour au tarif du réseau, contre 8,6 centimes d’électricité. Le compte n’y est pas davantage, mais il se joue en centimes, et on regarde tourner un vrai mineur.
La borne des 50 satoshis
Reste le second sens de « minage gratuit », celui que tape la majorité des visiteurs. Gagner des cryptomonnaies sans matériel et sans mise. Des dizaines de sites promettent exactement cela, avec des tableaux de rendement quotidien et un bouton d’inscription. Une seule opération arithmétique les départage tous, et elle se fait de tête.
Le réseau Bitcoin émet 144 blocs par jour à 3,125 BTC pièce depuis le halving d’avril 2024, soit 450 BTC quotidiens distribués à l’ensemble des mineurs de la planète. La puissance totale du réseau tournait autour de 911 EH/s en moyenne sur les sept jours au 10 août 2026, contre 932 la semaine précédente. C’est cette moyenne glissante qu’il faut prendre : le relevé d’un jour donné dépend du nombre de blocs sortis dans la journée et s’écarte facilement de cinquante exahash dans un sens ou dans l’autre. Divisez l’un par l’autre :
450 BTC ÷ 911 000 000 TH/s ≈ 0,0000005 BTC par TH/s et par jour, soit environ 50 satoshis.
Ce chiffre est un plafond absolu, pas une moyenne prudente. Il suppose zéro frais de pool, zéro électricité, zéro marge pour l’exploitant, et il laisse de côté les frais de transaction, qui s’ajoutent à la récompense de bloc. Le hashprice publié, lui, les compte. Le même relevé du 10 août 2026 qui donne les 911 EH/s cote 31,73 $ par PH/s et par jour sur une valorisation interne du bitcoin à 64 033 $, quand le marché ouvrait ce jour-là autour de 64 850 $ et repassait au-dessus de 65 000 $. Ramené au térahash, cela fait 3,17 centimes de dollar, soit un cheveu au-dessus des 3,16 centimes que donne la division ci-dessus. Les deux chiffres viennent de la même source, l’un ne vérifie donc pas l’autre ; ils s’emboîtent, ce qui est déjà rassurant sur l’ordre de grandeur.
Le test devient trivial. Faites la division. Une plateforme promet 4 $ par jour à qui dépose 200 $ ? Elle promet donc l’équivalent de 126 TH/s de puissance, presque un Antminer S19 XP entier, une machine de 141 TH/s qui tire 3 kW au mur et occupe une pièce, offerte contre 200 $. Il faut cinquante jours à ce rythme pour rembourser un dépôt qui n’a jamais servi à acheter la moindre carte. L’argent versé aux premiers vient des dépôts des suivants, ce qui a un nom et une fin connue. Le même raisonnement s’applique aux offres de contrats à durée courte, aux bonus d’inscription convertis en hashrate fictif et aux applications de minage sur téléphone. Les plateformes qui existent vraiment et celles qui ne sont qu’un tableau de chiffres sont triées dans ce que rapporte réellement un site de minage Bitcoin gratuit.
Un cas particulier mérite mieux qu’un rejet : un vrai pool prélève entre 0 et 2 % et publie ses blocs trouvés, que n’importe qui peut recouper sur l’explorateur de la chaîne. Un service qui ne publie aucun bloc et affiche seulement un solde qui monte n’a rien à recouper. Ce qui distingue un pool sérieux de sa façade se voit sur trois pages de son site.
Le même contrôle s’applique à n’importe quelle offre, en trois questions posées dans cet ordre. Combien de térahash le service prétend-il vous attribuer ? Rapporté au tarif du réseau, soit 50 satoshis par TH/s et par jour, ce hashrate donne-t-il le rendement annoncé ? Et le hashrate total revendiqué par la plateforme, multiplié par son nombre affiché de clients, dépasse-t-il la puissance du réseau entier ? La troisième question suffit souvent : plusieurs services promettent, cumulés, davantage de puissance que les 911 EH/s existants.
Une variante mérite d’être signalée parce qu’elle emprunte le vocabulaire du secteur sans en pratiquer le métier. HashFlare vendait des contrats de minage avec un tableau de rendement et une interface soignée. L’affaire est jugée : 577 millions de dollars collectés auprès d’environ 440 000 investisseurs, plaidoyers de culpabilité en février 2025, puis condamnation des deux fondateurs les 12 et 13 août 2025 à Seattle. La peine a fait du bruit : détention provisoire réputée purgée, 25 000 $ d’amende chacun et des heures de travail d’intérêt général, là où le parquet réclamait dix ans. Il a fait appel. La puissance de calcul vendue, elle, n’existait pour l’essentiel que dans le tableau de bord. Aucun signal visible côté client n’aurait permis de s’en apercevoir, à l’exception de l’arithmétique ci-dessus. Les noms qui tiennent la route et ceux qui n’ont jamais rien miné sont triés dans l’examen des sites de minage et de leur fiabilité réelle.
Un site de minage bitcoin gratuit, ça mine où, et à quel nom ?
La promesse revient sous vingt habillages. Compte ouvert en deux minutes, tableau de bord qui grimpe tout seul, rien de branché chez vous. La division ci-dessus la traite déjà, puisque les 50 satoshis par TH/s et par jour ne se contournent pas. Mais il y a plus rapide qu’un calcul, et ça tient en une question : où est la machine, et à quel nom est-elle ?
Un pool répond sans détour. La machine est chez vous, elle passe sur votre facture d’électricité, le pool agrège votre travail à celui des autres, prélève 0 à 2 % et vous reverse ce que votre part a produit. Débranchez, le solde s’arrête dans l’heure. Sur un site de minage bitcoin gratuit, rien ne se débranche, donc rien ne s’arrête : le compteur continue de monter parce que ce n’est pas un compteur, c’est une écriture, et l’argent qui la solde arrive avec le dépôt du suivant.
L’objection sérieuse existe quand même : la machine serait chez eux, dans un centre de données, et vous en louez une part. Ça porte un nom, le cloud mining, et ça se paie. Un exploitant qui héberge vraiment du matériel a une puissance, une facture d’électricité et un prix de vente ; il ne distribue pas gratuitement ce qu’il a payé. Le contrôle est le même qu’au-dessus : additionnez la puissance qu’il promet à ses clients, comparez-la au hashrate du réseau. Les exploitants qui possèdent des machines et ceux qui n’ont qu’un tableau de bord se départagent nom par nom.
Le seul courant réellement gratuit : celui qui chauffe déjà la pièce
Une configuration fait changer le calcul de signe. Elle n’a rien d’exotique. Une machine de minage transforme la quasi-totalité de l’électricité consommée en chaleur. Un rig de 1 100 W dissipe 1 100 W dans la pièce, exactement comme un convecteur électrique de même puissance. Si cette pièce était de toute façon chauffée à l’électricité, le courant du minage remplace celui du radiateur au lieu de s’y ajouter.
La conséquence est nette : pendant la saison de chauffe, dans un logement au chauffage électrique, le coût marginal du minage tombe pratiquement à zéro. Les cryptomonnaies produites deviennent un revenu net, et le convecteur reste éteint. C’est le seul montage domestique où l’expression « minage gratuit » décrit quelque chose de réel.
Trois conditions le limitent, et elles sont sérieuses. Le chauffage doit être électrique : face à une pompe à chaleur, qui restitue trois à quatre kilowattheures de chaleur pour un consommé, le minage reste trois fois plus cher au degré obtenu. La chaleur doit tomber au bon endroit, ce qui exclut le garage et le grenier. Et la période utile se limite à cinq ou six mois par an sous nos latitudes, le reste de l’année ramenant la facture au tarif plein du tableau ci-dessus. Le raisonnement complet, y compris pour un plancher chauffant ou un ballon d’eau chaude, est détaillé dans ce que le minage consomme réellement et ce qu’il en fait.
Le minage vraiment gratuit existe, et c’est le vôtre
Il y a une manière de miner sans rien payer : utiliser la machine de quelqu’un d’autre. C’est un secteur entier, il porte un nom, cryptojacking, et il tourne massivement sur XMRig, dont la version détournée est identique à la version officielle à un fichier de configuration près. Monero s’y prête parce qu’il se mine encore au processeur, donc sur n’importe quel serveur, conteneur ou poste de travail compromis.
Deux signaux valent la peine d’être connus. Une machine qui tourne à plein régime au repos, ventilateurs à fond alors que rien ne s’exécute, mine probablement pour un tiers. Et un antivirus qui déclenche sur un binaire de minage ne prouve rien en soi : les moteurs classent les mineurs légitimes en « application potentiellement indésirable », c’est un faux positif documenté et parfaitement normal. Distinguer ce faux positif d’un vrai cheval de Troie demande de regarder la somme de contrôle, pas l’alerte. La mécanique des malwares de minage et leurs vecteurs d’entrée couvre le sujet en détail.
Démarrer sans dépenser un euro
Reste le cas honnête : un ordinateur déjà là, une curiosité, aucun budget. C’est faisable, à condition de savoir ce qu’on achète en électricité.
Le chemin le plus court passe par le processeur et Monero. XMRig est libre, se télécharge depuis son dépôt officiel, se configure en trois lignes, et RandomX reste l’un des rares algorithmes où un processeur grand public tient encore la comparaison. Comptez la centaine de watts du tableau plus haut, soit près de 15 € par mois en option base : c’est le prix du billet d’entrée, et il faut le regarder en face avant de lancer la commande.
Sur carte graphique, l’équation est plus dure depuis que le minage GPU a perdu son débouché principal. Les algorithmes qui restent, Autolykos 2 pour Ergo, KawPow pour Ravencoin, Etchash pour Ethereum Classic, se minent avec lolMiner, BzMiner ou SRBMiner-Multi, tous gratuits. Les rendements sont ce qu’ils sont, et il vaut mieux les calculer avant. Le paramétrage précis sous Windows est traité dans le comparatif des mineurs qui tournent encore sous Windows ; la moitié des noms recommandés ailleurs ne tournent plus du tout, et l’inventaire des logiciels arrêtés et de ce qui les a tués évite de perdre une soirée sur un binaire mort.
Dernier point que les guides oublient volontiers : les cryptomonnaies reçues sont imposables dès l’encaissement, même minuscules, même jamais revendues. Le minage relève des bénéfices non commerciaux, avec un abattement de 34 % sous le régime micro. Le traitement fiscal du minage en France précise les seuils applicables et le moment du fait générateur. Un minage gratuit reste un revenu déclarable.
Questions fréquentes
Existe-t-il un logiciel de minage sans aucun frais de développeur ?
Oui, en compilant soi-même un mineur libre comme XMRig ou cpuminer-opt à partir de son code source, avec le paramètre de prélèvement mis à zéro avant compilation. Sur un binaire précompilé, le taux annoncé s’applique, et les correctifs qui prétendent l’annuler redirigent en général le calcul ailleurs.Le hashrate affiché par le logiciel tient-il compte des frais ?
Non. La console additionne tout le travail produit, y compris les minutes minées pour l’auteur du logiciel. L’écart se voit sur le tableau de bord du pool, où le hashrate mesuré ressort un ou deux pour cent plus bas que celui de la machine.Combien faut-il de puissance pour gagner un dollar par jour en Bitcoin ?
Au 10 août 2026, un peu plus de 31 TH/s, puisque le réseau rend à peu près 3,17 centimes par TH/s et par jour. Ce chiffre bouge avec le cours et avec la difficulté : refaites la division 450 BTC par le hashrate du jour plutôt que de recopier un tableau.Quel logiciel minage bitcoin installer sur un PC ?
Aucun ne rapportera : le SHA-256 est passé aux machines dédiées en janvier 2013 et n’en est jamais revenu. Le programme qui compte vit dans l’ASIC sous forme de firmware et se règle depuis une page web servie par la machine. CGMiner et BFGMiner s’installent bien sur un ordinateur, mais pour piloter un appareil dédié branché en USB, pas pour faire calculer la carte graphique.Un site de minage bitcoin gratuit peut-il rapporter sans matériel ?
Pas au-delà de 50 satoshis par TH/s et par jour, et encore faut-il que ces TH/s existent quelque part. Prenez le problème à l’envers : où est la machine, à quel nom, et que devient votre solde si on la débranche ? Un pool s’arrête le jour même. Un tableau de bord continue de monter.Une application mobile peut-elle miner gratuitement ?
Un téléphone ne produit aucune puissance exploitable, et les applications qui affichent un solde croissant vendent en réalité un contrat, de la publicité ou un parrainage. Le sujet est traité côté applications de minage et de suivi sur mobile, où la distinction entre pilotage à distance et minage réel est faite.Faut-il désactiver son antivirus pour miner ?
Mieux vaut ajouter une exception ciblée sur le dossier du mineur, après avoir vérifié la somme de contrôle du fichier téléchargé. Couper la protection entière d’une machine qui détient une adresse de portefeuille revient à supprimer le seul filet restant.